Message pour Le Monde : j'ai trouvé une vraie journaliste cyberculture pour vousPosté par Daisy le 14.06.07 à 14:53 | tags : cyberculture
Concernant les jeux vidéos violents, il est tentant d'incriminer les concepteurs de jeu et les spécialistes du marketing, vite mis en position d'accusés pour chercher à flatter les tendances les plus primitives de l'esprit humain et vendre ainsi leur production au plus grand nombre. Tentative d'explication trop sommaire pour résister à une analyse un tant soit peu approfondie. Il est indéniable que l'industrie du jeu a misé avant tout sur un marketing destiné aux garçons. "Jouer à combattre" s'est imposé de fait à l'âge numérique de la même façon qu'autrefois les garçons ont joué dans la rue aux chevaliers, aux cow-boys et aux indiens et aux petits soldats. Les jeux des garçons ont toujours eu une dimension agressive importante et un haut niveau de violence. Cette violence avait lieu autrefois réellement en dehors du regard des adultes, dans les bois, dans la rue, derrière l'école, dans un terrain vague. Les mitraillages et les hécatombes sur ces champs de bataille imaginaires étaient aussi terrifiants pour qui voulait bien les voir. Ce qui a changé, c'est le niveau de visibilité de cette violence. Ces champs de bataille ont disparu. Les parents, et les mères en particulier, découvrent de visu sur les écrans que les enfants ne sont ni innocents ni pacifiques. Ce n'est qu'une partie de l'article écrit par Léa Rosenthal sur l'addiction aux jeux vidéos, thématique trop souvent biaisée, et il s'agit sans doute du meilleur que j'ai jamais lu sur le sujet. Si j'avais voulu l'écrire, j'aurai fait moins bien. Et pourtant, ce n'est pas pour un "prestigieux" titre de la presse quotidienne nationale que Léa Rosenthal a écrit cet excellent papier, c'est pour FMP Mutualité, le mag' des mutualistes français. Alors ? Comment se fait-il qu'on ait pu lire autant d'inanités au hasard des rubriques "Cyber" de nos respectueux quotidiens alors que la pièce de synthèse parfaite entre explication et analyse se trouvait dans la rubrique "En famille" du FMP mars/avril 2007 ? On en remet une couche ? Pour les jeux vidéos en particulier, dont certains sont d'un haut niveau de complexité et exigent de développer des capacités d'attention, de gestion et de décision dans des univers complexes, jouer est important mais non essentiel. Le jeu vidéo peut ici intervenir comme un enseignement complémentaire donnant aux enfants un mode d'emploi de l'âge numérique dans lequel ils sont appellés à devoir vivre, un enseignement que ne peuvent leur délivrer leurs parents, dont l'enfance n'a pas été bercée par les prothèses électroniques dont leur monde s'est pourtant doté. Ici encore se posent les questions du dialogue des parents et adultes avec l'enfant et avec l'adolescent et au fond du rapport des adultes aux médias. Le déni de ce qui se joue dans le rapport que les enfants et les adolescents entretiennent avec le jeu vidéo peut se transformer par ailleurs en un déni de leurs capacités... Léa Rosenthal est une journaliste spécialisée dans les ouvrages pour enfants, mais ce qui fait la différence, c'est surtout qu'elle est consciencieuse. Chapeau l'harpiste ! Commentaires
De ralph, posté le 14.06.07 à 17:35
![]() Y'a t'il un moyen de trouver l'article en entier autrement qu'en allant voir son mutualiste ? Prace que lire une argumentation intéréssante sur le jeu vidéo est trop rare pour en laisser passer l'occasion ! De Galoo, posté le 14.06.07 à 22:32 ![]() Malheureusement ce ne sera qu'un caillou dans la marre des médias qui nous balancent "hardcore gamer" et "no-life" comme autant de noms du Démon. La juste mesure ne se trouve pas dans la presse ou à la télé. Ce sont les extrêmes, toujours. C'est pareil concernant le phénomène à peu près aussi nouveau de la japanime et des conventions. On montre les gros otakus. Et on ne montre jamais ceux qui s'y connaissent et ne vivent pas dedans. Les médias sont un miroir déformé de la réalité des nouvelles cultures. Et ceci, comme tu l'as dis Daisy à cause du manque de conscience professionnelle du journaliste qui sait qu'il attirera plus de monde en présentant Cédric le no-life qui se prend pour un elfe de la nuit invisible parce qu'il ne bouge pas la nuit. Les médias feraient bien d'aller faire un tour du côté de Miami et de montrer l'autre extrême avec notre ami le procureur fou (le chouchou de Derreck). De Minostel, posté le 15.06.07 à 09:44 ![]() Léa Rosenthal est consciencieuse, elle est peut être aussi elle-même joueuse ? Contrairement à de nombreux journalistes de la presse généraliste qui glosent sur le jeu vidéo sans jamais avoir eu un pad entre les mains... De Daisy, posté le 15.06.07 à 12:07 ![]() Je ne sais pas si Léa est joueuse, je tenterai de la joindre dans la journée pour lui demander, d'accord ? Je demanderai aussi l'autorisation de recopier l'article en entier (non trouvable sur le net) en commentaire. Ajouter un commentaire |
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