
Pour survivre à la crise qui a touché le secteur du jeu vidéo, chaque entreprise s'est adapté, faisant des choix pragmatiques pour garder la tête hors de l'eau. Là où THQ, Micosoft et Sony licencient, d'autres ont essayé la voie parallèle. une voie moins légale, plus sinueuse, et qui fatalement comporte le risque de se faire griller.
C'est ce qui est arrivé à Factor 5, qui est actuellement attaqué en justice par ses anciens employés pour plusieurs motifs. Factor 5 aurait délibérément transféré ses propriétés intellectuelles à une société-écran avant de se déclarer en banqueroute, lui épargnant de payer créancier et salariés.
En mai dernier, Factor 5 fermait ses portes, entraînant aussitôt plusieurs plaintes pour salaires impayés. Soixante neuf réclamations au total pour la somme globale de 900.000 dollars. En remontant dans le temps, on apprend que Factor 5 aurait transféré ses codes source et ses propriétés intellectuelles à l'entreprise Blue Harvest. Celle-ci, maintenant rebaptisée White Harvest, serait dirigée par le même conseil administratif que Factor 5, avec le même assortiment de dirigeants et d'avocats, laissant donc pleine jouissance de ses assets aux ex-propriétaires de Factor 5.
Cette méthode est frauduleuse si une compagnie transfère ses possessions à une autre pour les maintenir hors de portée des créanciers, tout en conservant ses droits dessus.
L'avocat des plaignants n'abandonnera pas son hypothèse, et compte bien faire cracher aux anciens chefs de Factor 5 les mois de salaire bloqués depuis novembre 2008. La première moitié du personnel licenciée à la hâte en décembre 2008 appréciera certainement l'opportunité de prendre sa revanche.
Lors de sa mise en faillite, Factor 5 n'avait qu'entre 50 et 100.000 dollars d'assets capables de générer des liquidités, 900.000 dollars de salaires en attente, 4 millions d'emprunts auprès de LucasArts et une dette globale estimée entre 1 et 10 millions.
Pas étonnant qu'avec une telle somme à rembourser, Factor 5 ait décidé de sauver les meubles en jonglant avec une société bidon. La technique du vase communicant aurait pu marcher si Factor 5 avait déjà eu l'intelligence de choisir un autre nom pour son entreprise écran. Harvest, ne l'oublions pas, signifie récolte.
Dans le cas présent, qui sème l'arnaque récolte un fist-fucking juridique.
- Via -
De Silver, posté le 18.06.09 à 22:32 
Blue Harvest, c'est surtout le faux nom utilisé par l'équipe de tournage du Retour du Jedi pour ne pas se faire remarquer par les fans.
Comme quoi une référence obscure de geek peut trahir bien des intentions.