
L'évocation d'un Super Mario In Real Life fait souvent appel à un portrait de Ron Jeremy, rarement à celui de Bob Hoskins. Pour d'autres, c'est plutôt le visage de Lou Albano qui remonte à la surface de leurs souvenirs, du temps où il incarnait le plombier dans la série The Super Mario Bros Super Show.
Lou Albano est décédé ce mercredi 14 octobre dans sa maison de Mount Vernon dans l'Etat de New York. A 76 ans, c'est une image fugace de notre pop-culture européenne qui s'efface, mais pour les américains, c'est un monument du catch qui s'effondre.
Né Louis Vincent Albano à Rome, Lou eut une jeunesse d'américain presque typique, une fois que sa famille émigra aux Etats Unis pour s'établir à Mount Vernon. Cycle d'études classique, joueur de football américain, il entra à l'Université du Tennessee en sports-études pendant une courte période avant de s'engager dans l'armée.
La légende veut qu'il se soit intéressé au catch lorsqu'il rencontra deux lutteurs, un des soirs où il travaillait comme videur pour arrondir les fins de mois. A 20 ans, Lou Albano commença sa carrière de catcheur en battant Bob Lazaro à Montreal.
S'ensuivit une phase où Albano lutta en équipe, formant avec Tony Altimore un duo nommé The Sicilians. Ils surjouaient une paire de mafieux italiens, qui s'en donnaient à coeur joie pour déboulonner leurs rivaux. Une vocation de showman mais surtout de Heel, de catcheur bad-boy, venait d'émerger.
Rapidement, Albano quitta la place de lutteur pour devenir manager et promoteur, embrassant le patronyme de Captain Lou Albano. Il devint dans les années 70-80 un antagoniste de choix pour les évènements de la WWF.
En dépit d'un personnage incontrôlable sur le ring, Albano menait avec sérieux son business de promoteur : On lui attribue au cours de sa carrière une vingtaine de titres décrochés à travers une cinquantaine de catcheurs sous sa direction.
L'un des moments les plus mémorables de son parcours professionnel restera pour ses fans le célèbre War to Settle the Score. Albano avait fait des apparitions dans plusieurs clips de Cindy Lauper, il profita d'une interview pour se comporter en muffle et se positionner en mégalomane ingrat face à Lauper. La rivalité scénarisée se régla par un match entre les championnes d'Albano et Lauper, au cours duquel la protégée du Captain se fit battre par celle de la chanteuse.
Cet évènement permit d'entamer une autre rivalité entre Hulk Hogan et Roddy Piper, puisque Lauper, devenue une habituée des shows de la WWF, se fit agresser par Piper lors d'une remise de prix à Albano. Hogan vint à leur rescousse, le scénario était en marche. L'arc narratif se conclut pendant le Brawl to end it All, où Hogan vaincut Piper par disqualification.
Le passage le plus mythique s'est déroulé lorsque Mr. T et Cindy Lauper, vinrent féliciter Hogan sur le ring, entraînant l'arrivée des complices de Piper, puis un pugilat généralisé.
Voilà la beauté du catch à son âge d'or. Mettre Hulk Hogan, Mr T et Cindy Lauper dans une foire d'empoigne contre Roddy Piper et Bob Orton, c'était du grand Art.
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Lou Albano était donc bien plus que la voix originale de Super Mario dans ce dessin animé de 1989, il était plus qu'un gros monsieur en salopette rouge. Le Super Mario Super Show était lui-même une fantaisie bordélique, ou des stars venaient faire un caméo selon l'humeur des scénaristes. Emie Hudson venait chasser des fantômes, Cindy Lauper demandait de l'aide aux frères Mario pour retrouver un lou Albano aux abonnés absents. Même Roddy Piper y est passé.
Chaque épisode se terminait irrémédiablement par une séance de Do the Mario sur fond de bande-originale Nintendo. Autant le dessin animé était médiocre, autant les segments de sitcom brillaient par leur folie et leur exhubérance. C'est en tout ce que la postérité retiendra des 65 épisodes de la saison.
En hommage au Captain, pensez aujourd'hui à mettre une corde à linge, à quelqu'un, n'importe qui.
En chantant Yiddi-Yiddi.
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