
Les études et sondages commencent à s'acumuler pour démontrer que les pirates sont également les plus gros consommateurs de produits culturels. Cette tendance que l'on connaissant déjà de l'intérieur, en tant que joueur, s'infiltre peu à peu dans le mode de pensée de certains éditeurs qui commencent à considérer le piratage comme un possible vecteur d'achat s'il est utilisé à bon escient.
RedLynx, le studio responsable de Trials, a ainsi eu l'idée de diffuser sur la toile un Rip de son jeu, avant même que les pirates ne le fassent. En les prenant de vitesse, les développeurs ont donné à Trials une présence sur les clients Torrent en imposant une version PC bridée per leurs soins.
En effet, le Rip diffusé ne disposait pas de la fonction classement en ligne, ce qui constitue selon Tero Virtala, le PDG RedLynx, l'essentiel du jeu. "Sans cela, nous espérions que les utilisateurs de la version piratée passeraient peut-être à l'acquisition d'un exemplaire légal une fois qu'ils auraient apprécié le jeu."
Tero Virtala explique la démarche de l'équipe : "Le piratage existe, alors comment pouvons-nous en tirer parti ? {...} Le jeu repose beaucoup sur cet aspect serveur, le classement est l'âme du jeu. Je ne sais pas si ça nous a aidé, mais je penserais que oui parce que même si la version qu'on a mis sur les réseaux de torrents n'était pas la version complète, c'est un jeu auquel il manque son essence, sans la possibilité de jouer contre les autres utilisateurs. {...}
Quand nous comparons la version piratée avec ceux qui ont accès aux classements en ligne, à travers nos serveurs, ils correspondent. Donc on peut dire que les gens n'ont pas encore cracké le classement."
Après 18 mois sur le marché, Trials sur PC s'est écoulé à environ 150.000 exemplaires, et la communauté des pirates n'a apparemment pas trouvé nécessaire de générer une mise à jour à partir de la version commerciale. Sans savoir pour autant si cette initiative a été le prescripteur d'achats en bonne et due forme, RedLynx est comme certains artistes diffusant des bootlegs modifiés de leur propre travail, il tente de précéder le piratage pour contrôler le contenu mis en ligne.
Pour des plus populaires, qui reposent majoritairement sur le jeu en ligne, comme Modern Warfare 2, cela pourrait servir éventuellement de technique marketing ou répressive. En marquant les copies illégales d'une segment de code qui dénonce l'utilisateur comme pirate, cela pourrait être aussi dissuasif, voire plus, qu'une riposte graduée.
Recevoir une lettre du service légal d'Activision parce qu'on a téléchargé leur version-mouchard pourrait en refroidir quelques-uns.
L'approche inoffensive de RedLynx est certainement un peu naïve mais serait peut-être moins dangereuse sur le long terme, puisqu'une méthode plus agressive entraînerait une course au hack et des hébergements parallèles, engendrant un piratage plus virulent.
C'est le même problème qu'avec la riposte graduée, qui laissera les pirates du dimanche se fair pincer, alors que les utilisateurs avertis utiliseront des proxys et des clients P2P anonymes.
RedLynx a donc officiellement lancé une idée que certains éditeurs contemplent. Le piratage n'est après tout qu'un mode de consommation. Il a ses codes, ses habitudes. Aux éditeurs de trouver comment les exploiter pour les retourner à leur avantage.
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De Le cynique, posté le 10.11.09 à 14:04 
J'ai surtout l'impression que RedLynx a trouvé le moyen de faire parler de son jeu à travers toute la ludo-blogosphère.
De Le pragmatique, posté le 10.11.09 à 14:51 
Tu aurais plutôt dû t'appeler "le blaireau"... le jeu est sorti il y a plus d'un an et ne se pirate pas sur le xbla, donc c'est un peu tard pour un coup de pub. Il a fait sa déclaration pendant le develop liverpool de la demaine dernière, pour parler avec d'autres développeurs du piratage et de ses solutions...
Alors ferme ta bouche le blaireau
De adnstep, posté le 19.11.09 à 19:57 
Puisqu'on parle de combattre le piratage, HADOPI vient de louer un local de 1000m² à Paris, pour 400€ du m². Déjà 400 000 € de factures par an.