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Il sentait bon le soufre chaud, mon Mercenaire

Posté par Dereck le 29.05.06 à 13:12 | tags : politique et jeu vidéo
Au prix du baril, vous me direz merciLe président venezuelien Hugo Chavez blâme l'éditeur Pandemic pour son jeu Mercenaries 2 : World in flames.
Se déroulant au Venezuela, en pleine bataille pour la possession de réserves de pétrole contrôlées par un vilain dictateur, Mercenaries 2 serait une justification insidieuse d'une éventuelle attaque de l'Oncle Sam sur le petit pays, afin de saisir ses gisements d'or noir. Ce sont quand même les 4e plus importants au monde.

On rappelle que  Chavez a développé une grande paranoia, suite au coup d'état de 2002 contre son gouvernement. Une tradition, sachant que Chavez avait déjà fait lui-même deux coups d'état ratés contre Carlos Andrés Pérez, président corrompu sortant. Elu légalement en 1998, Chavez a multilié ses efforts dans le domaine social pour les soins gratuits, les banques alimentaires, et les microcrédits. Pourtant, il a réussi à s'attirer à la fois les foudres du peuple et du conglomérat pétrolier, à cause, entre autres, des organismes-écrans qu'il utilise pour garder la main-mise sur les médias et l'économie. En effet 80% de la population est encore en dessous du seuil de pauvreté en dépit de ces mesures, et Chavez a accru le contrôle de l'état sur les taxes et exportations de pétrole vers les USA après un ménage de fond à la tête de l'industrie pétrolière.

Tout semble déjà bien explosif tel quel, et le scénario de Mercenaries 2 n'est qu'une extrapolation très probable de guerre civile. Il y a peu à craindre que le jeu soit un outil de propagande, si l'on se souvient bien du cynisme et de l'humour second degré dans lequel le premier épisode baignait.
Tiens, pourquoi ne pas faire un procès posthume à Hergé pour les ressemblances entre le Général Alcazar et Fidel Castro ?




Commentaires

De Guybrush, posté le 29.05.06 à 17:01 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Parce que le San Theodoros est un pays fictif.

De JP, posté le 29.05.06 à 17:12 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Déjà Chavez n'a pas fomenté 2 coups d'état...mais 1 seul en 1992....qui a échoué...Rappelons que Chavez est régulièrement réélu..(sans la moindre fraude d'après les observateurs internationaux)..depuis 1998.....Ensuite, concernant le coup d'état....de 2002 mené par Pedro Carmona...(l'équivalent du patron du medef vénézuélien...)..ce dernier a aussitôt été soutenu et recoonu par les USA.....alors qu'il venait d'un revers de main de dissoudre le parlement....et abrogé la constitution bolivarienne...approuvé par un référédum....

Sinon...pour ceux qui veulent en savoir plus sur l'histoire...de l'amérique latine...et le soutien des américains à divers...coup d'états

voir:

http://www.gwu.edu/%7Ensarchiv/NSAEBB/NSAEBB110/index.htm

http://www.gwu.edu/~nsarchiv/nsa/publications/nicaragua/nicaragua.html

http://www.gwu.edu/~nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB151/index.htm

http://www.la-bas.org/mot.php3?id_mot=101

http://www.la-bas.org/recherche.php3?recherche=allende

http://risal.collectifs.net/rubrique.php3?id_rubrique=8

Conférence de Maurice Lemoine intitulé « Venezuela : Médias putschistes »

http://risal.collectifs.net/IMG/ram/mlemoine150503_01.ram

http://www.france.attac.org/a1512

http://www.monde-diplomatique.fr/portfolio/venezuelafr?var_doc=0



De Dereck, posté le 29.05.06 à 18:24 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
JP> Un coup d'état à la tête du MBR-200 en début 1992, puis un deuxième, toujours du MBR-200 en novembre. Forcément, il était en prison suite au premier échec, mais ça ne l'a pas empêché d'exhorter le peuple au soulèvement.
Le coup d'état de 2002 est important dans le sens où les USA soutenaient les dirigeants du milieu pétrolier Venezuelien, et que, depuis, Chavez se méfie encore plus de l'Oncle Sam. On peut ainsi comprendre sa peur à la lecture du scénario de Mercenaries 2, même si le pouvoir de propagande d'un jeu grande distribution est très discutable. American's Army a par exemple un très faible taux de recrutement dans ses propres frontières, malgré le matraquage constant et la gratuité du jeu.
Le Venezuela est déjà un pays en chantier, malgré les transformations avancées du système politique. Bien qu'élu démocratiquement en 1998, puis réélu, sauvé pa un référendum, Chavez utilise quand même des moyens de régime totalitaire pour garder une certaine sécurité. L'équilibre apparaît donc assez incertain dans un avenir plus ou moins proche.

Merci pour tous ces liens, JP, ils permettent de donner à nos lecteurs une vision plus globale des enjeux que représente le Vénézuela.

Guybrush> Oui, c'est vrai, on rigole bien plus avec Tintin au Congo ou Tintin et le lotus bleu, le premier degré, il n'y a que ça de vai. ;)

Le troll inconnu> Personne ne te retient, libre-penseur de bistrot.

De Kalab, posté le 29.05.06 à 18:47 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Chavez est peut être pas le gentil qu'il prétend mais bon les US n'attendent qu'une chose, c'est de lui tomber dessus à cause du pétrole. J'ai lu sur Maxoe (bon je lis pas que ce site et je sais que j'en ai parlé récemment mais ils en parlent aussi) dans un article qu'ils ont écrit la semaine dernière, que le Venezuela fournit 15% des besoins pétroliers amércains (1,5 million de barils par jour sont expédiés aux Etats-Unis). Donc les US sont quand même assez dépendants de ce pays comme ils l'étaient aussi de l'Irak et on voit comment ils ont profité de Saddam pour régler l'affaire. Alors Chavez est peut-être pas tout blanc mais il a quand même des raisons de flipper. Et dire que le jeu est une manipulation de Washington c'est abusé aussi mais ça doit bien arranger Rumsfeld quand même (allusion à Warcraft).

De Robert Wagner, posté le 29.05.06 à 18:53 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Il se chie dessus chavez en voyant qu'il est pas le seul à penser qu'on veut lui tirer son petrole
encore un qui va se faire péter la tronche par bush avec un pretext de merde

De JP, posté le 29.05.06 à 23:13 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Excellent article sur Chavez et le Venezuela, sur le blog du député vert Européen Alain Liepietz
 
 
Voir également le long reportage fait en Bolivie et au Vénézuéla du sénateur PS Jean-Luc Melenchon
 


De JP, posté le 29.05.06 à 23:49 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

---Bien qu'élu démocratiquement en 1998, puis réélu, sauvé pa un référendum, Chavez utilise quand même des moyens de régime totalitaire pour garder une certaine sécurité.

Quel moyen digne des régimes totalitaire Chavez utilise t-il?.....La presse est libre à ce que je sache....elle est même majoritairement anti-chaviste (pour ce qui est des médias privés)...et sur certaines chaines de Television comme Globovision....on pouvoir voir le lendemain du coup d'état contre Chavez en 2002 s'auto congratuler.....en se félicitant de leur propagande...bien huilée qui avait servi les putshiste.....tout ceci avant les manifestations monstres de Vénézuéliens réclamant le retour de leur président....A noté également, qu'aucun putshiste n'a été condamné...ni même certains médias ouvertement putshiste....Sur ce sujet...Je vous conseille l'excellent livre de Maurice Lemoine "Chavez Presidente ! ", rédacteur en chef adjoint au monde diplomatique....présent à Caracas lors du coup d'état



De uncle bill, posté le 30.05.06 à 00:53 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et ses discours interminables à la télé, t'en fais quoi? si c'est pas un truc de régime totalitaire, je sais pas ce qu'il te faut... tu crois à sa fausse gentillesse, toi?
souviens-toi du saccage de catia tv en 2003! chavez n'a rien d'un ange... il a goûté au pouvoir et il a pas envie de lacher la viande
on s'en fout que les venezueliens le reclament, il y a bien encore des cubains qui reclament castro ou y a 50 ans des allemands qui reclamaient hitler ! suffit juste qu'ils soient assez abrutis par la propagande pour aboyer comme on leur demande

De JP, posté le 30.05.06 à 09:34 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Déjà tu n'es pas obligé de regarder ses discours......et effectivement, je ne vois pas en quoi c'est la caractéristique d'un régime totalitaire....Il explique sa politique...se confronte aux Vénézuéliens...au contraire pour moi c'est un des pendant de la démocratie participative vénézuélienne....Ensuite au niveau des faits.....Chavez a permis aux personnes qui n'avaient pas accès au soin d'être soigné correctement....d'avoir accès à l'éducation.....Il utilise l'argent du pétrole à des fins sociales....voilà ce que fait Chavez....Peut-on lui reprocher celà?...Enfin ceux qui veulent voir à quoi ressemble son émission dominicale je vous invite à visiter le site de son émission Alo Presidente: www.alopresidente.gov.ve
 
voir également:
 
 


De JP, posté le 30.05.06 à 09:38 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Ah ouai tu t'en fou qu'il gagne les élections??...Peut importe que les vénézuéliens le réclame?....Au passage...les seuls médias qui ont été fermés au Vénézuéla l'ont été durant le coup d'état de Pedro Carmona

De JP, posté le 30.05.06 à 09:40 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Le site de son émission dominicale:

http://www.alopresidente.gob.ve/



De ponctuation man, posté le 30.05.06 à 11:07 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Jp t'es super pénible avec tes points de suspension partout, on dirait un camé qui délire entre deux spasmes

De JP, posté le 30.05.06 à 11:55 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et sur le fond du sujet, tu n'as rien d'autre à apporter??

De JP, posté le 07.06.06 à 14:31 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
Manifs anti CPE… sauce Chili

Le 07/06/2006 à 0 h 00 - par Sarah Vuibert
Nul n’a songé, au Chili, à abroger une vieille loi de la dictature Pinochet rendant l’examen du baccalauréat payant ! Résultat : tous les jeunes sont dans la rue.
Des lycéens en colère, des établissements bloqués, ça vous dit quelque chose ? Eh non, cette fois-ci on ne pourra pas dire que la jeunesse française n’est jamais contente car c'est plutôt de la jeunesse chilienne qu’il s’agit. 254 personnes arrêtées, des dizaines de personnes blessées, et tous les établissements scolaires bloqués à Santiago du Chili, capitale du pays du même nom, c'est le bilan du lundi 5 juin.
La raison de la grogne ? Non, non, pas un CPE à la sauce chilienne, mais une demande de réforme de l’éducation. En effet, au Chili, le Bac est… payant ! Aucune réforme à ce sujet n’a été mise en place depuis la fin de la dictature de Pinochet (1973-1990), les établissements publics gérés par les municipalités ont donc bien du mal à rivaliser avec les établissements privés.
La Présidente, Michelle Bachelet, élue en janvier dernier, s’est déjà retrouvée face à un million d’étudiants grévistes la semaine dernière. Elle leur a fait des promesses qui apparemment ne les ont pas convaincus… Ceux-ci ont donc appelé à une mobilisation pacifique par le biais d’une grève nationale. Lances à eau et gaz lacrymogène, la police a tenté de disperser les manifestants, provoquant l’indignation de l’opinion. Les jeunes arrêtés ont pour la plupart été relâchés après un simple contrôle d’identité.
Un « tapage national » est prévu pour la nuit du 6 au 7 juin, casseroles et klaxons au programme. A noter que différents syndicats se sont joints à ce mouvement. Face à ce vaste mouvement, le ministre de l’Education, Martin Zilic, a promis le dépôt d’un projet de loi. Combien perdrait l’Etat chilien en abrogeant cette loi ridicule sur le bac payant ? Voilà en tout cas un beau sujet d’Economie…
 
 
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Chili : mobilisations contre le système éducatif de Pinochet
 
 
Un million de jeunes ont réclamé hier des changements dans le système éducatif. Il y a eu des mobilisations et des troubles, avec 264 détenus et 29 blessés. Bachelet a dit qu’aujourd’hui elle présentera le projet de réforme éducative au Congrès.
Les "pingouins" ont de nouveau attaqué hier avec une grève nationale à laquelle ont participé autour d’un million d’étudiants, entre lycéens et étudiants, et à laquelle plus de cent organisations sociales se sont ralliées, bien que la majorité non de manière active. Les jeunes ont essayé de ne pas générer de violence et de détenus. Cependant, le ton qu’a pris le conflit, ajouté à l’expectative générée autour de possibles infiltrés, n’a pas permis que ce soit le cas. Plus de 260 personnes arrêtées -58 majeurs- et au moins 29 blessés -24 carabiniers et 5 journalistes- a été le solde de la seconde mobilisation massive en moins d’une semaine. Tandis que le gouvernement de Michelle Bachelet continue de s’attacher à la proposition qu’elle a présentée jeudi dernier et qui a été le détonant de la grève d’hier, les élèves se réunissaient hier soir dans les collèges occupés pour décider s’ils continuent aujourd’hui avec la mesure de force.
Comparée à la première grande mobilisation de mardi dernier, la grève d’hier a convoqué à une base sociale beaucoup plus ample. Non seulement ont participé la majorité des lycées publics -qui sont occupés depuis des semaines-, mais cette fois se sont joints des étudiants de 35 universités et le Collège de Professeurs. Comme si c’était peu, plus d’une centaine d’organisations sociales, parmi lesquelles celles qui représentent les fonctionnaires du Ministère d’Education et les travailleurs portuaires, se sont joints à la protestation. Dans le premier cas, ils n’ont pas travaillé durant deux heures et, dans le deuxième, ils ont alterné entre adhésions "plus symboliques" et d’autres plus actives, comme celles des travailleurs de Valparaiso, qui ont défilé avec les lycéens jusqu’au Congrès National. Cette mobilisation a rassemblé 12 milles personnes et a terminé par 12 détenus.
Durant toute la journée, des affrontements intermittents avec les carabiniers, spécialement dans la ville de Santiago, ont eu lieu. Durant le matin et une partie de l’après-midi, quelques groupes de lycéens, qui n’ont pas répondu à l’appel de l’Assemblée Coordonnatrice d’Étudiants Secondaires (ACES) de se manifester à l’intérieur des collèges avec des activités culturelles, ont protesté dans les zones du centre de la ville, comme par exemple face à la Maison Centrale de l’Université du Chili, où ils ont coupé une des avenues principales de la ville, jusqu’à ce que la police les disperse avec des gaz lacrymogènes et des camions à eau. Cette scène s’est répétée plusieurs fois avec pas plus de mille manifestants et, à une reprise, a même dérivé en pillages de plusieurs commerces. Selon les journalistes qui couvraient les protestations, les responsables auraient été "des infiltrés" de mouvements radicaux.
Peut-être la mobilisation la plus crainte d’hier était celle qu’avait convoquée le radical Frente Patriótico Manuel Rodríguez (FPMR) pour marcher dans l’avenue centrale Alameda jusqu’au palais présidentiel de La Moneda dans l’après-midi. En prévoyant tout type de réaction violente, l’ACES a émis un communiqué plus tôt dans la journée dans lequel elle donnait liberté de mobilisation à toute organisation qui les soutenait, bien que sans se responsabiliser de leurs actions. Comme on s’y attendait, les deux mille militants du FPMR ont été interceptés par les carabiniers, qui les ont empêché d’avancer. Le marquant de la journée a été la grève "bruyante" qui bien qu’elle n’a pas été autant massive que les étudiants le désiraient a été l’ exemple d’une protestation pacifique dans les rues. Des dizaines d’automobilistes ont klaxonné, alors que depuis les maisons on entendait le bruit des caceroles et depuis les fenêtres des édifices on voyaient des bougies allumées en signe de solidarité avec les jeunes qui depuis plus d’un mois demandent un amélioration intégrale du système éducatif instauré par la dictature de Pinochet.
La grève a eu des répercutions au niveau des directions politiques. Pour la première fois, l’ex-président Ricardo Lagos a parlé du sujet. En plus de réaffirmer son soutien à son successeur, qui le matin avait qualifié la grève de "superflue", l’ex-mandataire a questionné les manifestants qui ont lancer des pierres aux carabiniers. "Les pierres correspondent à une autre époque de l’histoire du Chili", a-t-il rappelé. L’opposition a profité de la situation de faiblesse du gouvernement. Des parlementaires des deux principaux partis, Renovación Nacional et l’Unión Democrática Independiente (UDI), ont décidé de présenter dans la semaine une interpellation contre le ministre de l’Education, Martín Zilic. La présidente, cependant, continue de défendre sa proposition et a déjà annoncé qu’aujourd’hui elle présentera le projet de réforme éducative au Congrès. Une conciliation qui semble à chaque fois plus éloignée.
Pagina/12 (Argentine), 6 juin 2006
Traduction : Fab, santelmo@no-log.org
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Santiago du Chili: une manifestation lycéenne dégénère
LEMONDE.FR | 06.06.06 | 15h23   •  Mis à jour le 06.06.06 | 15h45
 
Une manifestation lycéenne a dégénéré, lundi soir 6 juin, à Santiago, au Chili. Une vingtaine de policiers et de journalistes ont été blessés par des jets de pierre et 262 manifestants interpellés.
Les lycéens ont paralysé les établissements scolaires, pour la deuxième fois en moins d'une semaine, dans le cadre d'une journée de grève nationale pour une réforme de l'éducation. Ils dénoncent le fossé entre les enseignements publics et privés et réclament la gratuité des transports publics et de l'examen d'entrée en faculté.
La présidente, Michelle Bachelet, a affirmé sa volonté de réformer l'actuelle loi constitutionnelle, promulguée sous la dictature de Pinochet, qui confie la gestion des établissements publics aux municipalités, dépourvues de moyens.
 
 
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Chili : les défis de Michelle Bachelet
Lamia OUALALOU
17 janvier 2006, (Rubrique International)
 

Elle devra répondre aux revendications en matière de droits des femmes et de lutte contre les inégalités sociales.

 
« VOUS POURREZ dire à vos petits-enfants que vous avez assisté à un moment historique ! » A l’annonce des résultats dimanche soir, Michelle Bachelet, heureuse, abandonne toute modestie. Son élection à la tête du Chili est un événement comparable à celui du retour de la démocratie en 1990, estime-t-elle dans son discours de victoire. Avec 53,5 % des suffrages, celle qui n’était, il y a deux ans encore, qu’un membre populaire du gouvernement de Ricardo Lagos, sait qu’elle a accompli un exploit. Devant les militants, elle se pince : « Qui aurait cru, il y a vingt, dix, cinq ans que le Chili élirait une femme à la présidence ! » Une femme de 54 ans, séparée dans un pays où le divorce était interdit jusqu’à l’année dernière, agnostique au sein d’une population à 80 % catholique, élevant seule ses enfants, quand la mythologie locale place la famille au centre des valeurs, au contraire des voisins latino-américains, aux vies sentimentales et politiques trop turbulentes...
 
Un pays sage
 
L’élection de Michelle Bachelet, c’est un peu un « bas les masques ». Il y a l’image que le Chili cultive de lui-même, soigneusement entretenue par la presse historiquement liée à la dictature d’Augusto Pinochet. Un pays sage, à l’abri des crises économiques, fondant sa réussite économique sur les traités de libre-échange et les privatisations. Et il y a la réalité. Un enfant sur deux naît hors mariage et un tiers des foyers sont tenus par des femmes seules. A Santiago, les appartements qui se vendent le mieux sont des studios, preuve qu’on vit de plus en plus seul... ou de moins en moins bien. La pauvreté a reculé depuis le retour de la démocratie, mais les inégalités se sont accrues. L’éducation coûte une fortune à tous ceux qui rêvent d’ascenseur social, tout comme l’accès aux soins. Le système de retraite, privatisé à grande pompe dans les années 1980, est une bombe à retardement : un actif sur deux ne bénéficiera d’aucune pension. Près de 54 % de voix, c’est un plébiscite. Ce sont aussi des attentes considérables.
 
« Toutes ces femmes, dans la rue, dimanche soir, ça fait presque peur », confie en riant un haut cadre de l’administration. Les femmes constituent tout juste la moitié des votes de Michelle Bachelet, « mais c’est déjà une nouvelle : traditionnellement, les femmes votaient à droite, par peur du changement », souligne l’économiste Roberto Pizarro. Elle a promis d’améliorer leur quotidien de manière concrète, en imposant la parité au gouvernement, en doublant le nombre de crèches, pour permettre aux femmes de garder leur travail, et en attribuant une pension de retraites aux femmes chefs de famille.
 
Dimanche soir, la nouvelle présidente l’a répété : la réforme des retraites constituera d’ailleurs son grand chantier. Tout le monde est d’accord sur le diagnostic, la mise en pratique de cette promesse est plus complexe. Car ce sont justement les fonds de pension enrichis par la privatisation du système de retraite qui ont permis la réussite du « modèle » économique chilien, dont la coalition de centre-gauche, au pouvoir depuis 1990 n’est pas peu fière. « Or le président sortant Ricardo Lagos termine son mandat avec un taux d’approbation de près de 75 %, cela incite à rester sur ses traces, et à ne pas bouleverser le système », glisse Tomas Mosciatti, analyste à la radio Bio Bio à Santiago. D’autant qu’une des explications de l’échec du système de retraite est la précarisation de nombreux contrats de travail, en particulier des plus jeunes.
 
Leur ras-le-bol, ces jeunes l’expriment en général en refusant de s’inscrire sur les listes électorales : le vote étant obligatoire, c’est la seule façon de boycotter les urnes. « Je veux créer un nouveau style de gouvernement, citoyen, proche, participatif, ouvert au débat », leur a promis dimanche soir la nouvelle présidente. Cela signifie surtout la réforme du système électoral hérité de Pinochet, qui exclut de toute représentativité les partis ne faisant pas partie des deux grandes coalitions. Cet engagement, Michelle Bachelet l’a aussi pris aux yeux des communistes, qui l’ont appuyé dans l’entre-deux tours, et dont elle a remercié le concours dimanche, « une première de la part d’un membre de la « concertation » », précise Roberto Pizarro. La refonte du système électoral implique toutefois que le gouvernement parvienne à convaincre des députés de droite, une majorité simple n’étant pas suffisante. Mais quel gouvernement ? Hormis la promesse de parité, on plonge dans l’inconnu. Le commando de campagne était constitué des proches de Michelle Bachelet, et désormais, celle-ci va devoir rappeler aux ténors de la coalition, en particulier les chrétiens-démocrates, que c’est elle qui a remporté l’élection, et non eux.
 
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« Démocratie de marché »


Friedrich von Hayek, pape de l’ultra-libéralisme
par Denis Boneau*

L’économiste autrichien Friedrich von Hayek s’est appliqué à discréditer toute forme de régulation de l’économie au motif que celle-ci est trop complexe pour que l’on prétende l’organiser. Sa théorie de « l’État minimal » est devenue la religion du Parti républicain états-unien en opposition aussi bien au « New Deal » des démocrates qu’au marxisme des soviétiques. Son école, financée par les fondations des grandes multinationales, s’est structurée autour de la Société du Mont-Pèlerin, et a obtenu sept fois le prix Nobel d’économie. Elle a inspiré les gouvernements de Pinochet, Reagan et Thatcher.

suite ici:

http://www.voltairenet.org/article12761.html

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Autre article sur le sujet

http://www.alternatives.ca/article842.html
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Alan Garcia s’attribue les lauriers

Pérou . Le candidat social-démocrate devance son rival nationaliste au second tour de la présidentielle.

L’ancien président social-démocrate Alan Garcia était largement en tête à l’issue du second tour de l’élection présidentielle qui avait lieu dimanche au Pérou. Avec 54,70 %, il comptait près de 1 million de voix et 10 points d’avance sur son rival nationaliste, Ollanta Humala (45,30 %) après dépouillement de 84 % des suffrages. Garcia a proclamé dimanche soir sa victoire lors d’un meeting devant ses partisans réunis à Lima. S’il a admis sa défaite, et « reconnu ces résultats », Humala a dit qu’il attendrait cependant les chiffres définitifs, publiés selon la Commission électorale, au plus tard le 11 juin prochain.

Seize ans après avoir plongé le Pérou dans le chaos économique, ayant atteint le purgatoire des accusations pour corruption et de l’exil, le candidat de l’APRA s’est ensuite reconverti en apôtre du « changement responsable ». Un mea culpa bénéfique pour capter les voix d’une oligarchie au pouvoir effrayée par l’arrivée possible à la présidence (32 % au premier tour) d’un opposant déclaré au néolibéralisme et par la campagne à peine appuyée du président vénézuélien Hugo Chavez en sa faveur. Pour les observateurs Alan Garcia représenterait « le moindre mal » face aux projets de l’ex-militaire Ollanta Humala de taxer les principales productions du pays (mines d’or et d’argent) et de procéder à une nationalisation des ressources énergétiques, essentiellement le gaz, sur le modèle bolivien. Fier d’avoir « réveillé la conscience péruvienne », Humala a promis à ses partisans qu’il ne renoncerait pas à la lutte. « Nous allons placer le gouvernement sous surveillance étroite. » Son parti, l’Union pour le Pérou (UPP), devrait le lui permettre : il est devenu première force politique au Congrès avec 45 des 120 élus, contre 36 pour le parti de Garcia. Le nouveau président prêtera serment le 28 juillet prochain.

Bernard Duraud

http://www.humanite.presse.fr/journal/2006-06-06/2006-06-06-831087



De JP, posté le 07.06.06 à 14:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
LA PAZ, Bolivie (AP) -- Le président bolivien Evo Morales a lancé un large plan de réforme agraire en attribuant aux Indiens environ 24.800 kilomètres carrés de terres appartenant à l'Etat.

 

Evo Morales a donné le coup d'envoi de sa «révolution agraire» quelques semaines après que son gouvernement a nationalisé l'industrie du gaz naturel bolivien, laissant six mois aux compagnies ébergétiques étrangères pour négocier de nouveaux contrats ou quitter le pays.
»Nous voulons changer la Bolivie ensemble», a déclaré le président bolivien aux milliers d'Indiens réunis à Santa Cruz, dans l'est du pays pour recevoir leurs titres de propriété. «En récupérant la terren nous récupérons toutes les ressources naturelles, nous sommes en train de nationaliser la totalité des ressources naturelles.»
Le public a scandé «Evo», et agité des drapeaux boliviens et whipala, le drapeau des premières nations andines, qui représente cinq siècles de lutte pour les Indiens.
La cérémonie de samedi avait lieu après l'échec des discussions entre Evo Morales et les dirigeants du secteur agricole sur la réforme agraire, qui prévoit la distribution de 200.000 kilomètres carrés de terrain public - environ deux fois la taille du Portugal - au cours des cinq prochaines années.
Le plan de redistribution a renforcer les tensions de longue date entre les cultivateurs prospères et les plus pauvres, essentiellement des Indiens des plateaux de l'ouest du pays. La plus grande partie de la surface concernée par la réforme n'est pas cultivée, bien que située dans les plaines de l'est bolivien.
90% des terres sont exploitées par seulement 50.000 familles, selon le gouvernement.
Vendredi, sept des neuf principales fédérations agricoles ont diffusé un communiqué dans lequel elles affirmaient que les »perspectives d'un futur meilleur sont gâchées par des actions basées sur l'idéologie, la politique et l'influence étrangère». Les opposants conservateurs de Morales dénonce notamment ses liens étroits avec les gouvernements de gauche au Vénézuela ou à Cuba.
Le gouvernement a répondu samedi dans un communiqué publié par la presse locale, appelant «traitres» les dirigeants du secteur. AP
 
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La Bolivie rejette les accusations de Bush sur la démocratie
 
Le gouvernement bolivien a rejeté mardi les critiques du président américain, George W. Bush, suivant lesquelles la Bolivie était en train de saboter la démocratie, selon des informations en provenance de La Paz, la capitale bolivienne.

Les critiques de M. Bush sont "difficilement crédibles", a déclaré Alex Contreras, le porte-parole du gouvernement bolivien. Il a appelé M. Bush à respecter la dignité et la souveraineté de la Bolivie.

"L'administration du président Evo Morales est en train de promouvoir et de renforcer la démocratie", a affirmé M. Contreras, ajoutant que les liens diplomatiques Bolivie-Etats-Unis doivent être sans ingérence.

Il a indiqué qu'aucun pays ne pourrait forcer la Bolivie à suivre une direction qu'elle ne voulait pas prendre.

"Il serait vrai de dire que les Etats-Unis sont en train de miner la démocratie", a poursuivi le porte-parole, accusant Washington de soutenir la dictature et d'intervenir dans les affaires internes d'autres pays.

M. Bush a critiqué lundi la nationalisation par la Bolivie de son industrie de gaz naturel, précisant qu'il s'agissait de " l'érosion de la démocratie".
 


De JP, posté le 07.06.06 à 14:42 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
 
La colombie d'Ingrid Betancourt
 
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Petite revue de presse faite à l'occasion des dernières élections en colombie....voilà....
 
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PRESENTATION HISTORIQUE ET ETAT GEOPOLITIQUE DE LA COLOMBIE
 
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50 ans de guerre en Colombie
 
En Colombie, l’assassinat en 1948 d’Eliecer Gaitan, leader libéral qui a tenté de mobiliser les classes populaires contre l’oligarchie, marque le début d’une guerre civile - la Violencia - qui fera 300 000 morts. Face à la violence conservatrice, des guérillas libérales et communistes font leur apparition. Tandis que les groupes armés libéraux déposent les armes, le Parti communiste colombien préconise une politique d’autodéfense de masses. Des zones d’autodéfense paysannes - dont la mythique « République indépendante de Marquatalia » - se développent, durement réprimées par l’armée qu’assistent les Etats-Unis. S’appuyant sur les rescapés de ces premières guérillas, le Xe Congrès du PCC propose de restructurer un appareil armé révolutionnaire en formant en 1964 les FARC (forces armées révolutionnaires de Colombie). Sous l’impulsion de Jacobo Arenas et surtout Manuel Marulanda (Tirofijo), celles-ci s’implantent dans huit provinces du pays. En 1966, le mouvement est rebaptisé Forces armées révolutionnaires de Colombie-Armée du peuple (FARC-EP). Depuis les années 80, une partie de leur financement provient d’un impôt prélevé sur la coca, auquel s’ajoutera une politique d’enlèvements contre rançon (dite « retenue à la source »). Présents dans plus de 40 % des communes colombiennes, les combattants des FARC-EP (estimés entre 18 000 et 20 000 hommes) opèrent sur soixante fronts d’au minimum cent combattants chacun. Inspirée par l’exemple de la révolution cubaine, l’armée de libération nationale (ELN) commence pour sa part à opérer en 1965. C’est dans ses rangs que meurt au combat, en février 1966, le prêtre guérillero Camilo Torres. Son destin prend valeur de symbole pour tous les chrétiens « engagés » du continent. Jusqu’en 1999, l’ELN sera dirigée par un prêtre espagnol, Manuel Pérez. L’ELN trouve le gros de son financement dans « l’ impôt de guerre » auquel elle assujettit les compagnies pétrolières. Elle pratique également l’enlèvement contre rançon. Ses effectifs sont estimés à 5000 combattants. En 1967, et avec le conflit sino-soviétique, a surgi l’Armée populaire de libération (EPL), maoïste, branche armée du groupusculaire Parti communiste marxiste-léniniste. Actuellement, elle regroupe quelques centaines d’hommes. A ces guérillas s’est ajouté le M19, créé en 1970 pour protester contre la fraude électorale qui prive alors le général populiste Gustavo Rojas Pinilla de sa victoire à l’élection présidentielle. Issu de la bourgeoisie urbaine, loin des idéologies marxistes léninistes, le mouvement se fait connaître en février 1980 par la prise de l’ambassade dominicaine, où sont gardés en otage de nombreux diplomates. Il va par la suite progressivement se radicaliser. Les paramilitaires sont nés à la fin des années 60, dans le cadre d’une politique recommandée par les conseillers américains pour « casser » toute velléité de transformation sociale. Bras armé des narcotrafiquants à partir de 1985, supplétifs de l’armée pour mener la « guerre sale » contre les bases sociales de la guérilla (lire le rapport de Human Rights Watch, février 2000), regroupés depuis avril 1997 au sein des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), ils tentent aujourd’hui d’habiller leur stratégie contre-insurrectionnelle d’un discours politique, de façon à paraître autonomes de l’armée et des pouvoirs d’Etat.
 
Un cessez-le-feu de courte durée
En 1982, le président conservateur Belisario Betancur prend une initiative sans précédent pour « faire la paix » ; en décembre 1983, le M-19 et les FARC constituent un front commun pour négocier. Un accord de cessez-le-feu est signé et entre en vigueur en 1984. Le pouvoir s’engage à lancer une série de réformes politiques, économiques et sociales. Il établit un délai d’un an pour permettre au mouvement armé de s’organiser politiquement.
 
En novembre 1985, les FARC-EP lancent un nouveau et large mouvement, l’Union patriotique (UP), lequel participe avec succès aux élections de 1986 : 350 conseillers municipaux, 23 députés et 6 sénateurs sont élus au Congrès. Une vague d’assassinats sans précédent fauche 4 000 dirigeants, cadres et militants de l’UP (et du Parti communiste).
 
Le M-19 cesse les hostilités en 1989 et se constitue en parti : l’Alliance démocratique. Il sera suivi par le parti révolutionnaire des travailleurs en 1991. En revanche, les négociations avec les FARC, l’ELN et les groupes dissidents de l’EPL n’aboutissent pas. Elles aboutissent d’autant moins que la guerre est relancée par le président libéral César Gaviria (1990-1994).
 
Par la suite, les mouvements d’opposition armée refusent de négocier avec le gouvernement libéral d’Ernesto Samper (1994-1998) : accusé d’avoir financé sa campagne avec de l’argent provenant du trafic de drogue, il a perdu, à leurs yeux, toute légitimité.
 
Sur fond de misère paysanne, la guérilla lance en septembre 1996 une violente offensive pour soutenir les petits producteurs de coca du sud, tout en réclamant une réforme agraire n’a fait qu’accélérer leur expansion géographique et légitimer la guérilla.
 
Dès son arrivée au pouvoir en 1998, le président Pastrana décidait de négocier avec la guérilla la plus puissante, les FARC-EP, et rencontrait personnellement leur chef, Manuel Marulanda. Malgré les virulentes critiques du ministre de la défense, des généraux et des Etats-Unis, le président reconnaît implicitement que les révolutionnaires ont pris les armes pour une cause juste, prévoit des mécanismes de dialogue et démilitarise cinq municipios (San Vicente del Caguán, La Macarena, Vista Hermosa, Mesetas et Uribe), une zone de 42 000 kilomètres carrés (grande comme la Suisse ou El Salvador).
 
Le 24 avril 2000, le président Pastrana a annoncé l’établissement d’une autre enclave « sans présence militaire », dans le sud Bolivar, afin d’entamer un dialogue avec l’Armée de libération nationale (ELN). Cette éventualité se heurte à l’opposition d’une partie des populations de la région, sur lesquelles les paramilitaires exercent une forte pression. Les espoirs nés de la reprise des négociations risquent fort de mourir avec la mise en oeuvre du « Plan Colombie ».
 
En vertu de ce plan, Washington a accordé, à la mi-juin 2000, une aide de 934 millions de dollars au gouvernement Pastrana, somme essentiellement destinée à la contre-insurrection. Une logique de guerre froide qui rappelle l’Amérique centrale du début des années 80 et à laquelle les guérillas répondent déjà par de très violentes opérations militaires.
 
 
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Entretien avec Maurice Lemoine, Le Monde diplomatique
Colombie : lutte armée et réalités d’un conflit
Entretien avec Maurice Lemoine, journaliste et rédacteur en chef adjoint au Monde diplomatique.
 
par Frédéric Lévêque , Isabelle Dos Reis
9 mai 2005
 
Une des conséquences de l’enlèvement de la sénatrice et ancienne candidate à la présidence de la Colombie, Ingrid Betancourt, a été, en Belgique et en France tout particulièrement, de sensibiliser à la dure réalité colombienne plusieurs milliers de personnes [1] qui n’avaient que peu de notions du conflit interne colombien, vieux de près de 50 ans. Le kidnapping en février 2002 de la sénatrice a également déclenché un phénomène médiatique puisque l’on ne compte plus aujourd’hui les reportages, les articles et les hommages rendus au combat de Mme Betancourt. Même si sa famille mène un courageux combat et dénonce à juste titre la politique guerrière et les sabotages du gouvernement d’Alvaro Uribe pour organiser un échange humanitaire de prisonniers, les principales responsables de la détention de la sénatrice restent évidemment les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
 
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Du Panama au Venezuela
Aux frontières du plan Colombie
Stratégie militaire américano-colombienne, le plan Colombie de lutte contre les guérillas n’a en rien permis de résoudre le conflit qui déchire ce pays. En revanche, il commence à affecter les nations voisines. Par sa politique d’ingérence extraterritoriale, il viole la souveraineté des Etats et frappe directement les populations de la région.
 
par Hernando Calvo Hospina
 
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LE CLIMAT PRE-ELECTORAL
 
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Colombie : un journaliste menacé par l’un de ses gardes du corps, lié aux paramilitaires
 
Ecrit par Categorynet.com
16-05-2006
 

Reporters sans frontières dénonce les liens vraisemblables avec les Autodéfenses unies de Colombie (AUC, paramilitaires) d'un garde du corps du journaliste indépendant Pedro Cárdenas, alors qu'il fait partie de l'escorte officielle chargée d'assurer sa sécurité.
 
"Nous appelons le ministère de l'Intérieur à considérer avec sérieux les intimidations dont est victime Pedro Cárdenas et à enquêter sur d'éventuelles connexions entre le Département administratif de sécurité (DAS), qui lui a fourni une escorte, et les paramilitaires. Nous appelons aussi les autorités à mettre fin à l'impunité dont jouissent toujours les deux individus qui ont séquestré le journaliste en mars 2003. A ce titre, le gouvernement colombien doit revoir la loi "Justice et Paix" qui exonère les paramilitaires de poursuites judiciaires en échange de leur désarmement. Cette loi n'empêche en rien d'anciens paramilitaires, de surcroît blanchis, de se mettre à leur compte", a déclaré Reporters sans frontières.
 
Ce n'est pas la première fois que Pedro Cárdenas est l'objet de menaces de mort en dix-sept ans de carrière. Alors qu'il vivait à Mariquita (Centre), il avait dû quitter la zone suite à des menaces des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). Depuis, il s'était installé à Honda (département de Tolima, Ouest), où il avait dirigé un programme d'informations sur la radio RCN pendant cinq ans. Cette émission réservait un espace aux citoyens pour qu'ils puissent dénoncer à l'antenne les anomalies relatives à la gestion de la municipalité. Sa vision du journalisme, qui, selon lui, a un rôle social, et son franc-parler ont séduit les auditeurs de la région.
 
Le 10 mars 2003, suite à la révélation, lors de son émission, d'une affaire de corruption au sein de la municipalité de Honda, le maire avait convoqué Pedro Cárdenas pour acheter son silence. Le journaliste avait par la suite, reçu la visite d'un homme de main, qui s'était présenté comme membre des AUC et lui avait intimé trois ordres : ne plus parler ni en bien ni en mal du maire et de ses conseillers municipaux, ne plus évoquer l'entreprise Alcanos, qui distribuait le gaz dans la municipalité, et renoncer à son emploi à la RCN. Pedro Cárdenas avait refusé de démissionner. Le 12 mars 2003, deux membres des AUC l'avaient enlevé, puis libéré le jourmême. Malgré l'arrestation de ses ravisseurs, inexplicablement relâchés avant leur jugement qui devait être rendu le 3 mai 2006, le journaliste avait quitté Honda pour Bogotá, avant de partir en exil en Uruguay.
 
A son retour d'Uruguay, Pedro Cárdenas avait déclaré à Reporters sans frontières qu'il considérait n'avoir plus rien à perdre et qu'il lui restait peu de temps à vivre. "Soit je meurs avec dignité, soit je vis de la manière la plus indigne, ici, à Bogotá", a-t-il confié. Le 18 janvier 2006, il était retourné vivre à Honda, où il travaillait comme journaliste indépendant, dénonçant une fois encore la corruption locale dans la revue bimestrielle La Verdad.
 
Le 30 janvier 2006, Pedro Cárdenas a reçu la visite, à son domicile, de Rafael Herrerra Martínez, paramilitaire présumé, surnommé "Rafa". Ce dernier lui a dit qu'il ne pouvait pas rester à Honda, et lui a précisé que ce premier avertissement serait le dernier.
 
Le 25 avril, le journaliste a reçu un appel téléphonique de la part d'un homme qui disait appartenir à un groupe de paramilitaires démobilisés. Il a dit au journaliste qu'un attentat à son encontre était prévu un mois plus tard. Il a pu lui donner des détails concernant le matériel utilisé pour l'attentat et les noms de certains participants et organisateurs, vraisemblablement des paramilitaires.
 
Le 3 mai, deux hommes à moto, apparemment des paramilitaires, ont recherché, en vain, Pedro Cárdenas dans tous les lieux qu'il fréquente habituellement. Les 8 et 9 mai, le journaliste a trouvé devant sa porte un billet de cinq mille pesos (environ 1,6 euro) avec un bouquet de myrte (utilisé pour les couronnes funéraires) et un ruban violet.
 
Par la suite, le journaliste a reçu l'aide d'une escorte fournie par le Département administratif de la sécurité (DAS). Cependant, l'un de ses gardes du corps, Franck Giovanni Ríos, aurait tenté de recruter au sein de l'escorte Fernando René Pimentel, membre des AUC de Puerto Boyacá. Preuves à l'appui, a-t-il assuré à Reporters sans frontières, Pedro Cárdenas a dénoncé les faits. Averti, le garde du corps concerné a menacé de tuer le journaliste s'il était renvoyé et a rédigé une déclaration au nom de Fernando René Pimentel, qui ne l'a pas signée, niant les faits dénoncés par Pedro Cárdenas. Le programme de protection du ministère de l'Intérieur a ensuite changé l'escorte initialement désignée. Suite à la publication d'une "étude de risque", effectuée par la police d'Ibagué (Ouest) en mars 2006, affirmant que le journaliste n'était pas en danger à l'heure actuelle, l'escorte lui a été retirée. Dans un courrier adressé au ministère le 12 mai, Pedro Cárdenas s'étonnait de cette décision.
 
Le 10 mai, le journaliste a reçu un courrier de la part du ministère qui lui annonçait le transfert de sa plainte vers le Parquet général de la Nation et l'ouverture d'une enquête. Cependant, le DAS de la région de Bogotá a émis certains doutes quant à ses déclarations. Selon le DAS, la plainte du journaliste est intervenue après que ce dernier avait pris connaissance d'une plainte de ses gardes du corps l'accusant d'user à d'autres fins l'argent réservé à l'achat d'essence pour le véhicule de protection. Le journaliste a nié et a déclaré détenir une copie des lettres qu'il a envoyées au ministère, lui demandant de changer ses gardes du corps par manque de confiance. Ces lettres sont datées du 22 février 2006 alors que les plaintes des deux gardes du corps ont été déposées le 26 février.
 
 
 
 
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Otages et prisonniers
 
La Colombie d’Ingrid Betancourt
 
Appuyés en sous-main par les paramilitaires d’extrême droite, les partis politiques qui soutiennent, en Colombie, le président Alvaro Uribe ont obtenu la majorité aux élections législatives du 12 mars. Malgré un taux d’abstention proche de 60 %, cette victoire conforte les chances de réélection de M. Uribe lors du scrutin présidentiel du 28 mai prochain. La poursuite de la « guerre totale » menée contre les guérillas rendra plus difficile l’« échange humanitaire » réclamé par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) pour libérer leurs « prisonniers politiques », parmi lesquels la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, séquestrée depuis plus de quatre ans.
 
Par Maurice Lemoine
 
suite ici
 
 
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"La Colombie ne se résume pas au conflit et au narco-trafic"
 
L'élection présidentielle colombienne a lieu dimanche 28 mai. En quatre années de pouvoir, Alvaro Uribe n'a pas réduit la violence qui règne dans le pays ni lutté efficacement contre la pauvreté et l'exclusion, racines des conflits armés. Pourtant, il est le grand favori de cette élection. Gloria Flores, directrice de l'association Minga qui travaille à la défense des droits de l'homme revient sur son engagement pour la paix et dessine les enjeux de cette élection. Entretien.
 
D'où vient votre engagement en faveur des droits de l'homme ?
 
J’ai commencé à lutter pour les droits de l’homme quand je suis entrée à l’université publique. Auparavant, j’avais suivi toute ma scolarité dans un lycée catholique. C’était un lycée franciscain. Au mois de mai, on célébrait le mois de Saint François d’Assise en même temps que le mois de la Vierge. On nous montrait un film sur la vie de Saint François d’Assise que j’ai vu 7 ou 8 fois dans toute ma scolarité. Dans ce film, j’ai pu constater la générosité et le parti pris pour les pauvres de Saint François d’Assise. Ce film m'a sensibilisé et m'a profondément marquée. Dans mon collège, il y avait des filles bien mises, qui avaient des moyens, et le contraste avec le film était très fort car nous étions très éloignées du monde de la pauvreté. On vivait dans de très bonnes conditions économiques, et pour nous la pauvreté avait quelque chose d’abstrait, contre quoi il n’était pas besoin de lutter pour construire un pays différent. C’est le ferment qui a fait naître en moi une première préoccupation politique et qui m’a fait prendre conscience de la nécessité de transformer ces structures tellement inégalitaires. Par la suite, en terminale, la sœur qui assurait le cours de religion a commencé à nous amener dans les quartiers pauvres. C'était un contact direct avec l’exclusion et la misère, avec la pauvreté. Avec cette sœur, on découvrait autre chose que l'enseignement religieux classique. C’était une religion plus directe, plus engagée auprès des pauvres. Ces deux éléments ont été fondamentaux dans ma décision de travailler pour les droits de l’homme.
 
Comment cet engagement s'est-il traduit à l'Université ?
 
Quand je suis arrivée à l’université, les étudiants plus âgés distribuaient des tracts aux nouveaux. On m’a donné un tract qui dénonçait la détention de plusieurs étudiants qui avaient subi des tortures. Cela a attiré mon attention et je suis allée à une assemblée étudiante où on nous a donné davantage d’informations sur les conditions de détention de ces étudiants. Je me suis impliquée dans le comité universitaire de solidarité dans le but de travailler avec les prisonniers politiques, étudiants et professeurs détenus. J’ai donc commencé à travailler et j’ai eu l’opportunité de voir ce que signifiait la torture, la détention arbitraire. J’ai vu de nombreuses personnes torturées, des situations très difficiles. Nous étions au milieu des années 1980 et, en Colombie, la répression s’exprimait par la détention arbitraire massive et la torture. Par la suite, le comité universitaire de solidarité est devenu le comité de solidarité avec les prisonniers politiques. J’ai travaillé pour ce comité jusqu’en 1985, puis je suis partie à Bogota travailler dans la direction. En 1989, j’ai quitté le comité et j’ai commencé à construire une proposition alternative sur les droits de l’homme. À cette époque, les déplacements forcés étaient connus et je voulais travailler sur ce thème. C’est à cette époque que nous avons fondé Minga. Mais les racines de mon parcours se trouvent dans cet engagement chrétien avec les pauvres, avec ceux qui souffrent et avec les victimes.
 
Quel est le travail de Minga ?
 
Notre travail se concentre dans les régions où le conflit armé est très fort et où une politique de terre brûlée a été menée dans les années 1990. Au même moment, les paramilitaires sont arrivés. Cette politique de terre brûlée et le développement du projet paramilitaire ont généré des déplacements de populations. Nous avons commencé à mettre en place des ateliers de formation sur les droits de l’homme pour que les gens s’approprient leurs droits, qu’ils sachent qu’ils ont des droits non seulement par rapport à l’Etat, mais aussi vis-à-vis des acteurs armés. Nous leur expliquons ce qu’est le droit international humanitaire. C'est un travail très intense avec les communautés paysannes, indigènes, les femmes, les enfants, les jeunes. Nous avons réussi à construire un réseau de droits de l’homme très fort, à partir du terrain en nous centrant sur la prévention des déplacements. C’est une formation très complète comprenant des explications sur les droits économiques, sociaux et culturels. Suite à ces formations, plusieurs comités des droits de l’homme et des comités régionaux ont été créés. Mais en raison des dénonciations des violations des droits de l’homme, les gens ont été menacés. Plusieurs leaders ont été assassinés, d’autres ont été attaqués et gravement blessés. Cette épreuve a été très douloureuse pour nous, et nous a obligé à changer de stratégie avec les organisations. Nous avons changé de stratégie et, désormais, c’est Minga qui assume le travail de dénonciations depuis Bogota afin de diminuer le coût humain de notre travail. Les organisations sociales avaient toute la capacité de faire ce travail, mais leurs membres n’étaient plus en sécurité.
 
Comment le conflit a-t-il évolué ces dernières années et quel a été l'impact de la loi “Justice et paix” qui est censée démobiliser les groupes paramilitaires ?
 
Depuis la fin des années 1980 jusqu'à 2004-2005, les groupes paramilitaires ont développé une stratégie d'expulsion de population et d'accaparement des terres des déplacés. Cela a été une stratégie dirigée, pensée. Ce n'a pas été un fait conjoncturel. Depuis fin 1988, il y a un processus de consolidation du pouvoir paramilitaire. Ils consolident leur pouvoir social, économique et politique tout en conservant leur appareil militaire. Ce qu'a permis ce processus de démobilisation, entre guillemets, c'est de légaliser ce qu'auparavant ils faisaient illégalement. La loi justice et paix est une loi pour garantir l'impunité, pour légaliser l’appropriation forcée des terres et les activités du narco-trafic. Le pouvoir mafieux est en train d'être consolidé dans le pays. Le pouvoir des mafieux, des propriétaires terriens et des narcotrafiquants, a utilisé le paramilitarisme comme moyen pour garantir le contrôle sur les terres. La stratégie de renforcement du pouvoir économique des paramilitaires s'est développée sous prétexte de la lutte anti-subversive. En tant qu’organisation de défense des droits de l'homme nous posons, en compagnie des communautés, inlassablement les mêmes questions : si les paramilitaires ont pour projet d'affronter la guérilla, pourquoi s'en prennent-ils à la population civile ? Pourquoi n'attaquent-ils pas les groupes armés guérilleros ? Ils attaquent la population toujours avec le même mobile : ce sont des auxiliaires de la guérilla, ce sont des guérilleros déguisés en civil… mais, derrière ces prétextes, il y a toujours le désir et la nécessité de contrôler des territoires stratégiques économiquement et politiquement.
 
Comment voyez-vous l'avenir de la Colombie ?
 
Bien évidemment, le conflit a des impacts dramatiques, mais le conflit n'est pas tout. Et parfois, on réduit la Colombie au conflit et à ses conséquences en termes de droits humains ou au thème du narco-trafic. Mais en Colombie, il y a d'autres problèmes liés aux inégalités qui sont immenses. La pauvreté a augmenté. Au niveau de l’Amérique latine, la Colombie occupe la troisième place en termes d’inégalités. Les thèmes sociaux, économiques et culturels ne devraient pas être oubliés du débat politique. Ce n'est qu'en résolvant ces problèmes que l’on arrivera à la paix. Le meilleur moyen d’ouvrir le chemin vers la paix, c’est de construire la démocratie dans la garantie des droits des citoyens. Il y a eu un recul énorme durant les quatre ans de la présidence d’Uribe en ce qui concerne ces droits sociaux et économiques. La question de la redistribution des terres, de la nécessité de procéder à une réforme agraire intégrale, de récupérer ces terres volées aux paysans devrait également être abordée. Enfin, la Colombie ne doit pas oublier ce qu'elle est : une société multiethnique et multiculturelle. Cela signifie qu'il faut à tout prix donner la possibilité aux peuples indigènes et aux peuples afro-colombiens de se développer avec leur culture et sur leur territoire afin qu’ils puissent apporter ce qu’ils sont à la diversité du pays et construire une société différente.
 
 
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Le seul pays d’Amérique du Sud qui vote à droite
 
LAMIA OUALALOU
 
26 mai 2006, (Rubrique International)
 
La réélection attendue du président colombien tranche sur l’évolution des autres pays du continent.
 

DANS LE PAYSAGE politique latino- américain, la Colombie est une île. Le pays, qui pourrait réélire dès demain le président sortant, Alvaro Uribe, est le seul à ne pas être touché par la vague de gauche qui a emporté l’essentiel du sous-continent depuis le début de la décennie. La Colombie partage deux mille kilomètres de frontière avec le Venezuela de Hugo Chavez, plusieurs centaines avec le Brésil de Luiz Inacio Lula da Silva et tourne le dos à ces deux modèles de la gauche latino-américaine. Pays andin, elle échappe aux métamorphoses politiques d’une Bolivie portant Evo Morales au pouvoir, d’un Pérou qui, en avril, a éliminé dès le premier tour de la présidentielle la seule candidate conservatrice avant de départager deux prétendants de gauche la semaine prochaine, et d’un Equateur tenté par le même chemin dans cinq mois. Le président Alvaro Uribe, ancré sans ambiguïté à droite, affiche sans complexe une alliance stratégique avec les Etats-Unis, que ses voisins honnissent. La gauche en déshérence en Colombie, c’est une vieille histoire. « Elle n’a plus de place depuis les années 1960 », explique la Colombienne Maria Fernanda Gonzalez Espinosa, politologue à la Sorbonne. La gauche a alors joué un double jeu, appuyant d’un côté la guérilla clandestine et tentant, de l’autre, de s’imposer sur la scène politique. Quand des dirigeants progressistes ont décidé de s’affranchir des armes et de se présenter aux suffrages, dans les années 1990, ils ont été massacrés par l’armée ou par les paramilitaires. Le discours de gauche est resté monopolisé par la guérilla marxiste. « Depuis, dans l’esprit des Colombiens, gauche est synonyme de guérilla et de violence », poursuit- elle. Un candidat issu des syndicats Comme le Venezuela, dont l ’histoire politique est très proche, la Colombie est, depuis 1958, pilotée par deux partis conservateurs qui se partagent le pouvoir. A la fin des années 1990 à Caracas, la verve de Hugo Chavez fit exploser ce système. En 2002 à Bogota, c’est celle d’Alvaro Uribe qui capte le vote des démunis. Pour la première fois pourtant cette année, un candidat de gauche paraît gagner les faveurs de la population. A la tête du Pôle démocratique, Carlos Gaviria incarne une aile progressiste qui n’est pas issue de la guérilla, mais des syndicats. Les sondages le créditent de près de 20 % des intentions de vote. « Ce serait un record historique », insiste Fernando Carrillo-Flores, de la Banque interaméricaine de développement et ex-ministre de la justice en Colombie. « La gauche pourrait cesser d’apparaître comme une option radicale aux yeux de la population, trouver sa place dans le paysage politique et, qui sait, l’emporter en 2010 ? » Cette métamorphose est déjà sensible dans les grands centres urbains, notamment à Bogota qui, en 2003, s’est choisi comme maire le syndicaliste Lucho Garzon. Reste à savoir si ces nouveaux dirigeants, qui séduisent l’université et les éditorialistes, trouveront des relais dans les mouvements sociaux et parmi des paysans toujours terrorisés par les questions de sécurité.
 
 
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Colombie
 
Le cartel de Washington
 
Alors que l’élection présidentielle se tient le 28 mai, la Colombie vit une crise humanitaire et politique sans égal en Amérique latine. L’élection, en 2002, d’Alvaro Uribe Velez à la tête du pays a décomplexé l’ascension d’une extrême droite dopée au paramilitarisme et au trafic de drogue. Réminiscence de la guerre froide, la guerre contre l’ennemi interne, attisée par Washington, est ancrée au sein du pouvoir.
 
La Colombie est en guerre depuis 1948. L’assassinat de Jorge Eliecer Gaitan, leader libéral porté par un important mouvement populaire, marque le début d’une guerre civile sans précédent. La violence fera 200 000 morts. Dans les années 1960, des mouvements d’autodéfense paysans, organisés pour faire face à la répression des conservateurs, naissent. Deux mouvements d’insurrection armés - les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et l’Armée de libération nationale (ELN) - ont pour objectif de prendre le pouvoir et d’instaurer un régime à tendance socialiste. Composées pour l’essentiel de paysans, les Farc comptent aujourd’hui environ 20 000 combattants et l’ELN environ 4 000. Depuis, le panorama a peu changé. Un train de mesures immédiates pourrait mettre fin au conflit - les partis de gauche et les organisations populaires portent cette solution -, car les profondes inégalités le perpétuent (1,5 % des propriétaires détiennent 80 % des terres). Une violente répression politique, érigée en politique d’État, maintient au pouvoir une oligarchie intransigeante, la guérilla et la guerre civile tenant du symptôme. Syndicats, mouvements paysans, locaux, étudiants, ONG de défense des droits de l’Homme : toute forme d’opposition politique, de revendications de droits et de justice, est taxée en bloc d’être dirigée ou infiltrée par la guérilla, et les militants font l’objet d’une stratégie d’élimination systématique. Le pays compte aussi plus de trois millions de déplacés internes, paysans pour la plupart, chassés de leurs terres par les groupes paramilitaires et/ou l’armée.
 
Dès 1965, sur recommandation des Américains, un décret autorise le ministre de la Guerre à « armer des civils avec du matériel habituellement réservé aux forces armées », pour contrer l’avancée de la guérilla. Le paramilitarisme n’a cessé de se renforcer depuis. La stratégie paramilitaire en Colombie n’a pas d’équivalent en termes de cruauté et d’organisation. Né des gardes blanches armées et financées par des latifundistes, le trafic de drogue et certaines sphères politiques, le paramilitarisme est le bras non conventionnel d’une politique d’État criminelle. Ainsi, la guerre sale, les massacres, les violations massives des droits de l’Homme ne sont pas imputables directement à l’État colombien.
 
Appui des États-Unis
 
La stratégie est à la guerre totale. En 2000, le président Pastrana, après avoir engagé des négociations de paix avec les Farc qu’il torpilla par la suite (une vieille tradition), opte finalement pour la conclusion d’un accord avec l’administration Clinton, donnant naissance au Plan Colombie. Censé éradiquer les cultures illicites et le trafic de drogue au moyen d’un important dispositif militaire et de fumigations, il est alors présenté comme un « plan pour la paix, la prospérité et le renforcement de l’État », et porte sur sept milliards de dollars, 20 % du budget finançant un volet dit « social » ayant comme objectif prioritaire des « mesures pour attirer les investissements étrangers et promouvoir l’expansion du commerce ». Au début du plan, on enregistrait environ 123 000 hectares ensemencés de coca dans treize départements. Il y en a aujourd’hui au moins 144 000 dans 25 départements. L’essentiel de l’« aide » a servi à surarmer le pays, toute demande de rallonge budgétaire de Bush au Congrès américain pour la guerre en Irak étant doublée d’une demande similaire pour la Colombie. Le pays tient le troisième rang des bénéficiaires de l’aide militaire américaine après Israël et l’Égypte. Une crise profonde s’est installée, depuis les années 1970, au sein des classes moyennes, durement touchées par la désindustrialisation. Ce sont elles qui ont porté Uribe Velez au pouvoir en 2002. Transfuge du parti libéral, élu sur une solution de surenchère guerrière, il s’est présenté en rupture avec la classe politique traditionnelle, prétendant en finir avec le clientélisme et la corruption. Riche propriétaire terrien proche du Cartel de Medellin, l’ex-gouverneur d’Antoquia a géré le programme « Medellin sans bidonvilles », financé par Pablo Escobar, le parrain de la drogue, et s’est illustré par un soutien sans faille aux paramilitaires tout au long de sa carrière.
 
Violence d’État
 
Son offensive médiatique et diplomatique consiste à justifier la guerre sale. Cela passe par la construction d’un consensus idéologique, et tous les moyens sont bons, y compris les fausses annonces de démobilisation de guérilleros, reprises par les agences de presse et les médias internationaux. Une stratégie qui incite, avec l’aide de la coopération internationale et la multiplication d’ONG créées en marge du plan Colombie, le pouvoir à coopter une partie de ses opposants, aidé en cela par l’usure de l’opinion face à la guerre et aux guérillas.
 
La politique mal nommée de « sécurité démocratique » d’Uribe vise à frapper durement la guérilla et à provoquer sa capitulation. Cela inclut la participation croissante de la population civile à la contre-insurrection, avec la mise en place d’un réseau d’informateurs et de soldats paysans, générant l’enlisement du conflit. Avec la loi « justice et paix », votée en 2005, le gouvernement se donne les moyens de légaliser le paramilitarisme, au prétexte de sa démobilisation, et d’institutionnaliser l’insertion sociale de criminels avec l’aval à peine critique de la communauté internationale. La Commission européenne a débloqué 1,5 million d’euros en faveur de la paix et de la réconciliation en Colombie ! Cela se traduit par la présence des paras dans les programmes sociaux et leur déplacement d’une région à l’autre. Le réinvestissement direct des forces armées est patent, dopé par l’aval de Bush et la stratégie guerrière décomplexée d’Uribe Velez.
 
Les guérillas sont implantées là où le contrôle territorial institutionnel de l’État est quasi inexistant, notamment dans les zones d’avancée de la colonisation agricole de petits producteurs et à la géographie difficilement pénétrable, où elles exercent des fonctions économiques, politiques et judiciaires de substitution. Leurs zones d’influence (les Farc sont réparties en une soixantaine de fronts) se concentrent dans des couloirs clés, riches en ressources naturelles.
 
Le pays occupe, de fait, une situation géostratégique rêvée au cœur de la zone andino-amazonienne, zone qui compte 60 % des réserves de pétrole et de gaz, 72 % de celles de charbon, 46% du potentiel hydraulique et 40% de l’eau douce de l’Amérique latine. Dotée de façades maritimes sur les deux océans, de ressources énergétiques et minières, la Colombie est le point de jonction des deux plans d’intégration de l’infrastructure continentale, le plan Puebla Panama et l’Initiative d’infrastructure régionale pour l’Amérique du Sud (Iirsa). Ces derniers sont destinés à l’implantation de couloirs industriels, de transport, d’intégration énergétique et de moyens de télécommunication et d’observation ultra-sophistiqués, destinés à l’information des marchés et à l’intelligence militaire. Ils sont doublés de couloirs biologiques ceinturant une biodiversité exceptionnelle conduisant vers l’Amazonie. Si ce maillage a été établi pour le projet impérialiste américain de recolonisation, les Européens complètent subtilement le dispositif de pillage organisé.
 
 
 
Position clé
 
La signature, en février, d’un traité de libre-échange avec les États-Unis a accéléré les réformes ad hoc en amont. Initié par la liquidation de l’Institut de la réforme agraire, tout un programme destiné à « améliorer le climat des affaires » a été mis en place : privatisations, coupes budgétaires dramatiques, particulièrement dans l’éducation et la santé, organisation de la faillite de certains services publics, loi sur l’eau, loi forestière. Sur une population totale de 46 millions d’habitants, le pays compte 54% de pauvres dont dix millions vivent dans la misère totale. La dette extérieure, multipliée par vingt ces quinze dernières années, s’élevait, en novembre dernier, à 37,337 milliards de dollars, soit 30,2% du produit intérieur brut.
 
Le plan Colombie, aujourd’hui Initiative régionale andine (IRA), et le repositionnement actuel de l’ingérence politique et militaire des États-Unis ont valeur d’avertissement pour les mouvements populaires de la région, en particulier bolivien et vénézuélien. L’ancrage des guérillas et la résistance exceptionnelle des mouvements populaires civils colombiens constituent cependant un frein essentiel à l’extension du pillage de la région.
 
Ana Maria Duarte
 
Campagne électorale à haut risque
 
La campagne pour l’élection présidentielle du 28 mai prochain tient de la gageure. Porteur du projet unitaire de la gauche radicale, bien ancrée au sein du Pôle démocratique alternatif (PDA), Carlos Gaviria suscite d’importantes mobilisations populaires dans tout le pays, certaines étant hautement symboliques dans des villes tenues par les paramilitaires. Inconcevable pour Uribe, qui utilise directement ses fonctions à l’encontre de ses opposants : survol de meetings par des hélicoptères de l’armée braquant le candidat conservateur Álvaro Leyva Druán, très engagé dans des pourparlers avec les FARC ; poursuite de l’extermination des membres du Parti communiste colombien (150 sont morts sous le mandat d’Uribe) et de l’Union patriotique ; achat de pages Web du PDA redirigées vers le site présidentiel ; suppression de bureaux de vote pour de douteuses raisons d’« ordre public », alors qu’une gigantesque fraude ayant permis le triomphe d’Uribe au premier tour des élections de 2002 vient d’être révélée.
 
 
 
Extension régionale du conflit
 
En 2002, le gouvernement colombien est le seul, avec celui des États-Unis, à reconnaître le régime issu du coup d’État contre le président vénézuélien, Hugo Chavez. Alvaro Uribe l’accuse à l’envi de soutenir le « terrorisme » des Farc et multiplie les manœuvres de déstabilisation. En 2004, les autorités vénézuéliennes arrêtent 130 paramilitaires colombiens à vingt kilomètres de Caracas, visiblement là pour renverser Chavez et sous commandement des services de renseignement colombiens.
 
L’enlèvement de responsables des Farc comme Rodrigo Granda, à Caracas, suivi de celui de Simón Trinidad à Quito (Équateur), mandatés pour négocier l’« échange humanitaire » réclamé par la guérilla et par les familles des otages - dont celle d’Ingrid Bétancourt -, a bloqué une issue au sort injuste des otages. Uribe a pris soin de torpiller toute solution pour les victimes d’un conflit étouffé par sa non-reconnaissance officielle. Le mode opératoire évoque le Plan Condor. Au nom de la lutte contre le terrorisme post-11 Septembre et le trafic de drogue, le conflit s’étend désormais ouvertement, via le plan Patriote, à la guerre anti-insurrectionnelle vers l’Équateur. En 2006, plusieurs violations de l’espace aérien équatorien par l’armée colombienne ont fait monter la tension. Les « paras » sont aux frontières des pays voisins et les manœuvres militaires conjointes sous commandement US se multiplient, impliquant de plus en plus de pays latino-américains au nom de la « défense régionale ». Les zones d’état de siège local, comme les zones de réhabilitation et de normalisation suivant le modèle des « hameaux stratégiques » mis en place au Viêt-nam, participent d’une militarisation croissante aux frontières, tout en dotant l’armée colombienne de pouvoirs extramilitaires croissants.
 
 
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COMMENTAIRES POST-ELECTORAL
 

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Uribe, un des cent plus grands narcotraficants de la planète
 
Jean Pestieau
 
Colombie · Réélection du président Alvaro UribeAu pays de la violence et de la drogue, les Colombiens étaient appelés à élire leur président, ce 28 mai. Regard critique d'un membre de la Commission internationale de la guérilla des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie).
 
 
Vous vous êtes opposés à la réélection du président sortant Alvaro Uribe. Pourquoi ?
 
Parce que Uribe représente la guerre, la corruption, l'abandon de la souveraineté nationale, le sabotage des processus d'intégration de l'Amérique latine. Les FARC veulent la paix, la démocratie, l'indépendance, l'unité des peuples latino-américains.
 

Avez-vous soutenus d'autres candidats ?
 
Tous les candidats, à l'exception d'Uribe, se sont déclarés en faveur de la paix, pour une solution négociée au conflit armé. Le secrétariat des FARC a appelé les Colombiens à voter en conscience pour celui qu'ils croient capable de répondre au mieux à cette attente. Les FARC ne sont pas opposées à la lutte électorale, nous analysons quand elle est possible et quand elle ne l'est pas, ce qui est différent.
 

Quel jugement portez-vous sur la politique d'Uribe ?
 
Álvaro Uribe fait de la guerre contre la population colombienne l'axe central de sa politique de gouvernement. Uribe incarne un projet politique, qui ne profite qu'aux secteurs qu'il représente au sein de la Colombie et qui répond aux intérêts des États-Unis dans la région. À la fin des années 1990, 40 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Aujourd'hui, 65 % des Colombiens connaissent ce drame. Les dépenses militaires ont augmenté de manière exponentielle au détriment des investissements sociaux. Dans le même temps, les bénéfices du secteur bancaire sont exorbitants.
 
Vous dites qu'Uribe représente certains secteurs de la société. Quels sont-ils ?
 
Il représente les intérêts de l'extrême droite, de la mafia et évidemment des États-Unis. Il appartient à la classe des grands propriétaires terriens et des grands éleveurs. Mais sa politique de privatisation des entreprises les plus rentables du pays montre qu'il représente également les intérêts des grandes multinationales. Bien sûr le processus de privatisation avait commencé avant, comme dans toute l'Amérique latine. Mais la résistance qu'il avait rencontrée auprès des travailleurs l'avait rendu difficile. Uribe a été porté à la présidence avec, entre autre, pour mission de poursuivre ce processus de néolibéralisation de l'économie par la violence. Mais Uribe représente surtout le capital mafieux des grands narcotrafiquants et des bandes paramilitaires d'extrême droite.
 
La mafia ?
 
Oui, depuis le milieu des années 1980, Uribe est soupçonné d'entretenir des liens avec le trafic de drogue. A la tête du contrôle du trafic aérien, il a facilité les activités illicites des trafiquants en délivrant des licences de vol à leurs transporteurs aériens. Plus tard, Maire de Medellín, il a dirigé un programme de logements, «Medellín sans taudis », financé par le trafiquant bien connu Pablo Escobar. Plus tard, Gouverneur, il a créé les Coopératives Convivir, première tentative d'institutionnaliser les bandes paramilitaires d'extrême droite. Récemment, la DEA (Drug Enforcement Administration Agence US de répression de la drogue) a rendu public un document qui catalogue Uribe comme l'un des 100 narcotrafiquants les plus importants de la planète. En tant que président, il a légalisé les groupes paramilitaires ou escadrons de la mort et leur a garanti l'impunité pour tous leurs crimes. Cela revient à légaliser les capitaux des plus grands narcotrafiquants.
 

Vous dites qu'Uribe représente les intérêts des États-Unis dans la région.
 
En effet. En particulier contre le gouvernement progressiste du Venezuela. Fin 2004, plusieurs membres de groupes paramilitaires ainsi que des soldats de l'armée colombienne, ont été capturés au Venezuela. Ils préparaient l'assassinat du président Chávez et d'autres dirigeants de la révolution vénézuélienne.
 
La signature récente d'un traité de libre échange avec les États-Unis, a brisé la Communauté andine des Nations, un processus d'unification latino-américain entamé depuis 1969. Uribe et l'État qu'il représente sont le fer de lance des États-Unis contre les processus de démocratisation, d'indépendance et de développement que connaît l'Amérique latine.
 

Que proposent les FARC pour la Colombie ?
 
Dans l'immédiat, une solution politique au conflit armé qui, depuis plus de 40 ans, oppose le pouvoir au peuple. La mise en place d'un gouvernement pluraliste qui représente les différents courants de la pensée politique nationale et qui se donne comme mission, la réconciliation et la reconstruction du pays. Il faut mener à bien une réforme politique qui rétablisse des espaces de participation démocratique. Il faut démanteler l'appareil répressif et criminel de l'État. Il est nécessaire de réaliser, avec la plus grande participation possible, des réformes de type social et économique qui enlève toute raison d'être au soulèvement armé.
 
Record mondial d'assassinats de syndicalistes
 
La Colombie, 38 fois plus grand que la Belgique, compte 40 millions d'habitants. La population ne tire aucun profit de ses immenses richesses naturelles.
 
Surtout connu pour ses plantations de coca dont on tire la cocaïne, le pays est miné par la violence quotidienne des trafiquants et des paramilitaires.
 
La Colombie, dont le gouvernement est lié aux forces d'extrême droite, détient le record mondial d'assassinats de syndicalistes. Le pays connaît également un fort mouvement d'opposition politique et militaire. Les FARC, Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, marxistes, qui mènent depuis plus de 40 ans une résistance armée au gouvernement.
 

Ce 28 mai 2006, trois candidats s'affrontaient aux élections présidentielles:
 
Le président sortant Álvaro Uribe, pro-américain, a récolté 62 % des suffrages.
Horacio Serpa (Parti libéral), représentant de la bourgeoisie colombienne, a récolté 12 % des voix
Carlos Gaviria (Pôle Démocratique Alternatif), qui veut une Colombie indépendante des Etats-Unis et qui représente l'espoir d'un changement en faveur du peuple, est crédité de 22 % des votes.
Les élections ont été entachées de violence et d'irrégularités: des millions d'électeurs dans les régions et quartiers contrôlés par l'armée ou par les paramilitaires n'ont soit pu voter, soit ont été forcés de voter pour Uribe. Moins de 45% des électeurs ont participé aux élections.
 
 
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Colombie : la deuxième mort du Che
 
La popularité ne dépend pas toujours du charisme. Même dans notre société de l’image omniprésente. Alvaro Uribe, président sortant de la Colombie, l’a prouvé dimanche, en étant réélu triomphalement, avec plus de 60% des suffrages. Un score à peine assombri par un taux d’abstention de 56%, devenu traditionnel dans un pays où le vote n’est pas obligatoire et où les paysans se rendent peu aux urnes.
Les Colombiens n’ont pas plébiscité Alvaro Uribe pour son allure de bureaucrate austère, mais pour sa détermination à mettre fin à la violence politico-criminelle qui dure depuis plus de quarante ans dans ce pays andin. Ce que le président le mieux élu de l’histoire de la Colombie appelle rétablir la sécurité démocratique de ses concitoyens. Durant son premier mandat, le nombre de meurtres et d’enlèvements a baissé considérablement.
 
En Europe, et tout spécialement en France, la Colombie n’est connue qu’à travers le prisme de la tragique séquestration d’Ingrid Betancourt par la gangsta guérilla des FARC. Très médiatisée, la famille de l’otage franco-colombienne, amie de Dom

De Pipomantis, posté le 07.06.06 à 14:44 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Bon JP, je veux ps te vexer, mais t'es sur un blog JV, là. Donc je suis pas sur que grand monde ait le courage de lire tes posts fleuves - pour ne pas dire "pavés" - indigestes.

Aucune attaque de ma part, mais bon, je ne pense pas que ça parle à grand monde ici, ça. :/

De jp, posté le 07.06.06 à 14:45 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Colombie : la deuxième mort du Che
 
La popularité ne dépend pas toujours du charisme. Même dans notre société de l’image omniprésente. Alvaro Uribe, président sortant de la Colombie, l’a prouvé dimanche, en étant réélu triomphalement, avec plus de 60% des suffrages. Un score à peine assombri par un taux d’abstention de 56%, devenu traditionnel dans un pays où le vote n’est pas obligatoire et où les paysans se rendent peu aux urnes.
Les Colombiens n’ont pas plébiscité Alvaro Uribe pour son allure de bureaucrate austère, mais pour sa détermination à mettre fin à la violence politico-criminelle qui dure depuis plus de quarante ans dans ce pays andin. Ce que le président le mieux élu de l’histoire de la Colombie appelle rétablir la sécurité démocratique de ses concitoyens. Durant son premier mandat, le nombre de meurtres et d’enlèvements a baissé considérablement.
 
En Europe, et tout spécialement en France, la Colombie n’est connue qu’à travers le prisme de la tragique séquestration d’Ingrid Betancourt par la gangsta guérilla des FARC. Très médiatisée, la famille de l’otage franco-colombienne, amie de Dominique de Villepin, renvoie dos à dos les preneurs d’otages et les autorités, accablant tout particulièrement le président Uribe pour son refus de procéder à un échange humanitaire des otages des FARC contre des guérilleros emprisonnés.
 
De manière révélatrice, en Colombie même, la question des otages n’a pas été abordée pendant la campagne électorale. Les Colombiens n’ont qu’une obsession: la disparition des groupes armés. Et ils ne croient plus qu’en une seule méthode: la mano dura promise et appliquée par leur actuel président. Car toutes les tentatives de conciliation de ses prédécesseurs à la tête de l’Etat ont buté sur l’intransigeance et la duplicité des FARC.
 
Plus vieille guérilla d’Amérique latine, née en 1964, les Forces armées révolutionnaires de Colombie sont aussi la dernière sérieusement en activité sur le continent. Durant son second mandat, Alvaro Uribe a l’ambition de présider à la disparition des FARC, ces rejetons dépravés de la geste révolutionnaire latino-américaine, inspirée dans les années 1960 par la Révolution cubaine de Fidel Castro et d’Ernesto Che Guevara. Les dernières guérillas dignes de ce nom ont déposé les armes et intégré la vie politique démocratique dans les années 1990, en Amérique centrale.
 
Son compagnon d’armes dictateur à Cuba; ses derniers émules terroristes dans la jungle colombienne: El Che n’est plus qu’une îcone désincarnée pour amateurs d’images d’Epinal imprimées sur tee-shirts et posters...
 
 
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Comment diffamer un journaliste, la méthode colombienne
 
Directeur, de 2003 à 2006 du magazine "Contravía" ("contre-sens") sur la chaîne publique Canal Uno à Bogotá, Hollman Morris, 36 ans, est un journaliste connu pour son engagement sur le terrain des droits de l'homme. Très critique envers la politique de pacification du président Álvaro Uribe, réélu le 28 mai dernier, il a régulièrement essuyé les menaces des groupes armés, aussi bien des guérillas que des paramilitaires. A partir de septembre 2005, une vidéo de propagande contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) a commencé à circuler. Estampillée d'un mystérieux Front social pour la paix, une émanation des groupes paramilitaires, elle désigne Hollman Morris et d'autres personnalités, dont un ancien maire et un jésuite, comme des portes-parole de la guérilla. De passage à Paris au mois de mai, Hollman Morris a transmise cette vidéo au blogmedias.
 
 
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Portrait
M. Uribe, président austère, croyant et à poigne, séduit les Colombiens
 
LE MONDE | 30.05.06 | 14h47  •  Mis à jour le 30.05.06 | 14h47
 
BOGOTA CORRESPONDANTE
 
George Bush a félicité, lundi 29 mai, son homologue colombien Alvaro Uribe, brillamment réélu la veille. Le président colombien reconduit est l'un des alliés les plus inconditionnels de Washington dans une région où ils se font rares.
 
A l'âge de 54 ans, M. Uribe devient le premier président colombien se succédant à lui-même, avec 62 % des suffrages exprimés. C'est dire s'il a désormais les coudées franches pour poursuivre la tâche de pacification du pays. En célébrant sa victoire, Alvaro Uribe s'est gardé de tout triomphalisme. Il a préféré invoquer l'aide de "Notre Seigneur et de la très Sainte Vierge".
 

M. Uribe sait que la tâche est énorme. Certes, les guérilleros ont battu en retraite, 30 000 paramilitaires ont accepté de déposer les armes et la violence a reculé. Mais il y a des ombres au tableau. La guérilla est loin d'être vaincue et continue de détenir des centaines d'otages. Les paramilitaires désarmés semblent plus influents que jamais. Plusieurs scandales ont révélé l'ampleur de leur mainmise sur l'administration et le pouvoir. Et la lutte contre le trafic de drogue, financée par Washington, est un échec. La Colombie reste le premier producteur mondial de cocaïne. Les électeurs continuent pourtant de faire confiance à leur président à poigne.
"La politique sécuritaire du président n'explique pas à elle seule sa popularité. Alvaro Uribe a su imposer un style de gouvernement", note la politologue Elizabeth Ungar. En tête des vertus présidentielles : l'austérité, perçue comme un gage d'honnêteté, et l'autorité. Le président tient le pays en main et se charge de le faire savoir. Suivi par les caméras de la télévision, il est par monts et par vaux. Au cours d'interminables "conseils communautaires", il écoute les doléances de ses compatriotes. Accompagné de ses proches collaborateurs, le président a réponse à tout. Il n'hésite pas à admonester en direct ses subordonnés ou ses généraux. Son parler-vrai, émaillé de proverbes paysans, plaît. Son mélange d'humilité et de messianisme aussi.
 
"Grand propriétaire terrien, M. Uribe administre le pays comme une de ses propriétés", ironise l'opposition, en raillant la "micro-gestion" du président. "M. Uribe sait faire oublier qu'aucune des grandes réformes structurelles que requiert le pays n'a été engagée", note l'analyste Ricardo Garcia, qui, comme d'autres, s'inquiète de la personnalisation croissante du pouvoir et de la "désinstitutionnalisation" du pays. Les politologues parlent de populisme de droite. D'aucuns s'interrogent sur la figure paternelle qu'incarne le président dans un pays en manque d'autorité.
 
Alvaro Uribe se défend d'être à droite, un concept qu'il juge "dépassé". Mais, devant un public d'étudiants, il s'est laissé emporter au cours de la campagne, enjoignant à ses électeurs de choisir entre son projet politique et "le communisme déguisé" de ses adversaires. Calmé, il a expliqué que "la démocratie n'est ni de droite ni de gauche", la démocratie suppose le rétablissement de la paix civile et de l'autorité de l'Etat. L'argument est de poids dans un pays confronté à un interminable conflit armé.
 

"RELATIONS FRATERNELLES"
 

Originaire de Medellin, Alvaro Uribe a gardé de sa région l'accent chantant, les valeurs conservatrices et la plupart de ses collaborateurs. Certains d'entre eux sont soupçonnés de liens passés avec les narcotrafiquants de la ville. Eleveur de bétail, le père de M. Uribe a été assassiné par la guérilla en 1982. M. Uribe se défend de vouer de la haine aux assassins de son père. Comme il se défend d'éprouver la moindre sympathie pour les paramilitaires qui les ont combattus.
 
Catholique pratiquant, M. Uribe use souvent du mot "amour", vantant l'amour de la patrie et celui du travail bien fait. Il rêve d'une société en paix où auraient cours "des relations fraternelles et chrétiennes entre patrons et employeurs". Mais, au cours de son premier mandat, il a fait adopter une réforme du travail régressive au nom de la flexibilisation de l'emploi. Tirée par une conjoncture internationale favorable, la forte croissance que connaît le pays n'a pas profité aux plus pauvres.
 
Marie Delcas
Article paru dans l'édition du 31.05.06
 
 
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Colombie : Le triomphe d’Alvaro Uribe
 
Alvaro Uribe devrait poursuivre, durant les quatre prochaines années, sa politique dite de sécurité nationale - une stratégie militaire censée mater les insurgés et mettre un terme au conflit armé vieux de cinquante ans - pourtant en échec. Le chef de l'Etat conservateur a été réélu dimanche par les électeurs colombiens dès le premier tour, avec 62 % des voix, et sera le premier président du pays à enchaîner deux mandats depuis l'avènement du suffrage universel.
 
Les Colombiens ont ainsi plébiscité un homme à poigne, qui mène une guerre sans merci contre les guérilleros d'extrême gauche, tout en négociant avec les paramilitaires. Un conservateur qui n'hésite pas à signer un traité de libre-échange avec les Etats-Unis, alors que le reste du continent sud-américain penche de plus en plus à gauche.
 
L’autre donnée majeure de ce scrutin est sans conteste le résultat enregistré par la gauche. Le Pôle démocratique alternatif (PDA) est devenu la seconde force politique, six mois après sa création au terme d’un processus commencé il y a seulement quatre ans. Alvaro Uribe se défend d'être à droite, un concept qu'il juge "dépassé". Mais, devant un public d'étudiants, il s'est laissé emporter au cours de la campagne, enjoignant à ses électeurs de choisir entre son projet politique et "le communisme déguisé" de ses adversaires.
 
 
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Colombie : Alvaro Uribe réélu sans surprise
 
Sans surprise Alvaro Uribe a été réélu à la présidence de la République le 28 mai dernier. Une victoire "écrasante" (plus de 60 %) et historique puisque pour la première fois un président colombien est réélu. Mais derrière l'affichage démocratique, la Colombie reste déchirée par la guerre, et cette élection s'est déroulée dans un climat de terreur imposée par des groupes liés aux paramilitaires qui font peser menaces et intimidations sur les organisations de défense des droits de l'homme et sur les communautés paysannes et indigènes.
 
Quelques jours avant le premier tour de l'élection présidentielle la plupart des organisations sociales de Colombie ont reçu un courrier électronique laissant entrevoir clairement qui était les soutiens principaux au sein de la société colombienne du président sortant Alvaro Uribe :
 
« Il est temps de choisir, en toute vérité, le présent et le futur de notre patrie bien-aimée, souligne le “communiqué” signé du groupe Colombie libre, bras armé des ex-Autodéfenses unies de Colombe (groupe paramilitaires officiellement démobilisé). Nous sommes attentifs à tout acte que vous pourriez faire en faveur de l’authentique démocratie. Le seul chemin qu’il nous reste, à nous, Colombiens, c’est d’appuyer de façon inconditionnelle la politique de “sécurité démocratique” de notre candidat et président, Avaro Uribe Velez. Nous ne permettrons en aucun cas, que le résultat de l’élection de dimanche prochain soit différent. Nous sommes prêts à combattre à feu et à sang, contre tous les intérêts qui vont à l’encontre de la continuité du mandat présidentiel de notre leader légitime. Nous ne permettrons pas que le résultat soit différent. Si jamais, dimanche, la majorité était en faveur des “chemises jaunes” [le jaune était la couleur utilisé pour la campagne du principal parti d'opposition), nous nous chargerions de les teindre d’une autre couleur, de cette couleur utilisée par l’insurrection et le libéralisme agenouillé sans aucun respect : le rouge sang ! »
Les mêmes intimidations sont à l'œuvre dans les communautés de manière plus "musclées" puisque les "ex"-paramilitaires n'hésitent pas à passer de maisons en maisons pour rappeler le bon vote. Pas étonnant dès lors que l'abstention ait plus de 56 % ! Alors que la loi Justice et paix, censée démobiliser les milices paramilitaires responsables de la majorité des exactions dans le pays, a essentiellement servi à régulariser l'appropriation illégales des terres par ces groupes armées, la situation "sécuritaire" reste plus que précaire. Et si, selon les chiffres officiels publiés par le Gouvernement colombien, 30 431 combattants paramilitaires, se seraient démobilisés, seul 2 180 l'auraient fait dans le cadre de la loi « Justice et Paix ». En conséquence, 28 000 combattants se seraient démobilisés sans obligation de confesser leurs agissements devant une instance judiciaire, ni crainte de sanction pénale. La Cour constitutionnelle colombienne a déclaré inconstitutionnelles certaines dispositions de la loi portant ouvertement atteinte au droit des victimes à la vérité, justice et réparation. Ainsi, elle a affirmé l’obligation pour les combattants démobilisés de confesser leurs crimes, sous peine de sanctions pénales.
 
Par ailleurs, la guérilla poursuit ses agissements et demeure sourde à toutes négociations avec le gouvernement. Le sort de milliers d'otages reste donc en suspens. Pourtant comme le souligne Gloria Flores, directrice de l'association de défense des droits de l'homme Minga, soutenue par le Secours Catholique, « le meilleur moyen d’ouvrir le chemin vers la paix, c’est de construire la démocratie dans la garantie des droits des citoyens. La question de la redistribution des terres, de la nécessité de procéder à une réforme agraire intégrale, de récupérer ces terres volées aux paysans doit également être abordée.» Hélas, fort de ces 60 % il y a peu de chance qu'Alvaro Uribe se lance aujourd'hui dans une solution négociée.
 
 
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Colombie
Victoire électorale d’Uribe : vers une répression accrue ?
 
 
par Gary Leech
7 juin 2006
 
Félicitations au Président Alvaro Uribe, le vainqueur sans conteste des élections présidentielles en Colombie qui a obtenu l’impressionnant résultat de 62% des voix. L’élection n’a laissé subsisté aucun doute quant au fait que la majorité des électeurs colombiens soutiennent Uribe et sa « stratégie de sécurité démocratique », un fait que la gauche, colombienne et étrangère, devra accepter. Ce résultat ne donne pas pour autant mandat au président pour violer les droits humains de l’opposition politique ou encore des détracteurs de sa politique économique et sécuritaire. Pour ces Colombiens de gauche, la lutte durant les quatre prochaines années consistera à consolider les gains électoraux récemment acquis tout en se défendant contre une probable intensification de la répression d’Etat.
 
Tandis que d’aucuns prétendront que les 62% sont un mandat clair pour Uribe, la réalité est que seuls 28% des électeurs inscrits ont déposé un bulletin en faveur du président. La participation électorale a été estimée à 45%, un taux qui correspond plus ou moins à celui d’il y a quatre ans et qui demeure relativement bas au regard des chiffres habituels en Colombie. Uribe n’a donc recueilli les voix que de 62% ce ces Colombiens qui ont pris la peine d’aller voter. La faible participation électorale est d’autant plus incommodante que cette fois-ci, les guérillas colombiennes ont tenu leur promesse de ne pas perturber les élections. Tandis que les autorités ont traditionnellement toujours déploré le faible niveau de participation en raison de la à la violence qui sévit dans le pays et aux tentatives des rebelles pour empêcher les électeurs de se rendre aux urnes, la seule explication valable cette fois-ci réside dans l’apathie généralisée que les Colombiens éprouvent à l’égard du processus politique de leur pays.
 
Néanmoins, Uribe est clairement sorti victorieux du scrutin et, en dépit des nombreuses failles du processus électoral colombien - y compris la coercition exercée par les paramilitaires de droite sur les électeurs et les menaces proférées à l’encontre du Pôle démocratique alternatif (gauche) - il est évident qu’une partie significative de la population colombienne, mais pas nécessairement une majorité, soutient le président. Par conséquent, si nous autres de la gauche insistons souvent à désigner les succès électoraux du président vénézuélien Hugo Chávez comme preuve de sa popularité, alors même que le processus électoral au Venezuela demeure aussi boiteux que le colombien, nous devrions accepter le fait qu’Uribe conserve un niveau de popularité significatif auprès des Colombiens. Cela ne signifie pas pour autant que ses opposants doivent accepter ses politiques, en particulier lorsque celles-ci impliquent la répression contre certaines franges de la population colombienne.
 
Nombreux sont les Colombiens qui ont voté en soutien à un programme politique ayant contribué à améliorer leur sécurité, en ignorant que, d’une part, la richesse produite par l’essor économique du pays n’atteint pas la majorité de la population défavorisée et que, d’autre part, les détracteurs des politiques du gouvernement ont été les victimes de la répression d’Etat. Celle-ci s’est traduite aussi bien par des meurtres, des disparitions, des déplacements que par des arrestations arbitraires. En raison de la longue guerre civile qui perdure en Colombie, pour ceux qui n’ont pas été la cible de la répression du gouvernement, la sécurité a supplanté tous les autres sujets de préoccupation quand il s’est agi d’élire un président.
 
La majorité électorale qu’a obtenue Uribe ne lui donne pas pour autant le feu vert pour continuer, voire intensifier la répression contre ses détracteurs. La Colombie prétend être une démocratie constitutionnelle et, en tant que telle, elle n’est pas régie uniquement par la simple règle de la majorité. Autrement dit, Uribe doit gouverner dans les limites de la Constitution du pays, ce qui exige qu’il respecte et protège les droits de chaque citoyen et pas seulement ceux des gens qui soutiennent son projet.
 
Le fait qu’Uribe ne soit pas parvenu à le faire durant son premier mandat a contribué au succès significatif du candidat de la gauche Carlos Gaviria, du Pôle démocratique alternatif, qui a recueilli, fait sans précédent, 22% des voix aux élections présidentielles. Tandis qu’ils constituent une minorité électorale, les partisans de Gaviria représentent ces Colombiens victimes du régime répressif d’Uribe. Aujourd’hui, leur plus grande crainte est que son succès électoral conduise à une intensification de la répression qui a été menée au nom de la sécurité et de la croissance économique.
 
Uribe représente le pendant contemporain, autoritaire et démocratique du dictateur militaire Augusto Pinochet qui a dirigé le Chili durant la guerre froide. Tout au long des années 70 et 80, une part significative de la population chilienne a soutenu les politiques autoritaires de Pinochet qui ont accordé la priorité à la sécurité et à la croissance économique au détriment de la défense des droits de l’Homme. Alors que Pinochet excellait dans l’art de faire « disparaître » ses opposants, le nombre de Colombiens « disparus » durant le premier mandat d’Uribe excède le nombre total de Chiliens disparus durant les dix-sept ans de dictature militaire.
 
Les événements qui se déroulent actuellement au Chili montrent toutefois que de nos jours beaucoup de Chiliens pensent que la seule ambition d’arriver à la sécurité et la croissance économique ne peut pas justifier des violations flagrantes des droits de l’Homme. C’est cette même conviction qui amène ceux qui luttent pour la justice sociale en Colombie à poursuivre leurs efforts dans le but de s’assurer que les droits constitutionnels et les droits de l’Homme de tous les Colombiens soient respectés et protégés. A cet effet, il est plus important que jamais que tous ceux à travers le monde qui unissent leurs efforts de manière solidaire avec ces courageux Colombiens intensifient leur action afin qu’Uribe soit rendu responsable des abus commis par son gouvernement. On peut espérer qu’à la différence du Chili cela ne prenne pas encore 20 ans.
 
 
 

Source : Colombia Journal (www.colombiajournal.org), 29 mai 2006.
 
Traduction : Sophie Recordon, pour le RISAL www.risal.collectifs.net).
 
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Colombie
La victoire d’Uribe remise en perspective
 
par Gary Leech
7 juin 2006
 
Après la victoire électorale du président Alvaro Uribe la semaine dernière [28 mai 2006] avec 62% des voix, ses supporters et bon nombre d’analystes ont commencé à parler à tour de bras de « mandat » et de « vote de confiance ». Si Uribe a clairement remporté l’élection, ce qui a été totalement perdu de vue dans tout ce tapage, dont l’argument selon lequel il a stoppé à lui tout seul le virage à gauche de l’Amérique latine, c’est le fait qu’il a en réalité reçu le mandat électoral le plus faible jamais accordé à un dirigeant sud-américain ces dernières années. Seuls 45% des électeurs colombiens ont pris la peine d’aller voter, ce qui signifie donc que les 62% qui ont donné leur voix à Uribe ne représentent que 27% des électeurs ayant choisi de réélire le président du pays. Ce chiffre est bien maigre en comparaison avec le pourcentage d’électeurs ayant voté pour les candidats sortis vainqueurs dans d’autres élections présidentielles récemment en Amérique du Sud.
 
Alors que des médias tels que le Christian Science Monitor déclaraient que les Colombiens « étaient allés voter pour lui avec plaisir », la réalité est que seule une petite minorité a donné sa voix à Uribe. Le président colombien a recueilli seulement 27% des voix du pays, alors que d’autres vainqueurs au premier tour lors d’élections récentes tenues dans la région ont fait significativement mieux. Par exemple, 42% des électeurs boliviens ont voté pour Evo Morales en 2005, et 46% des Uruguayens avaient soutenu Tabaré Vazquez un an plus tôt. En 2004, 42% des électeurs vénézuéliens avaient soutenu le président Hugo Chávez lors du référendum révocatoire.
 
On peut faire les mêmes commentaires au sujet d’élections qui ont fait l’objet d’un second tour. Michèle Bachelet est sortie victorieuse des urnes en janvier dernier avec 47% des électeurs chiliens exprimant leur voix en faveur de la première présidente du pays. Pareillement au Brésil en 2002, Inácio Lula da Silva avait remporté les élections au second tour avec 46% des voix. En fait, le seul candidat présidentiel en Amérique du Sud à avoir reçu un aussi faible pourcentage de voix qu’Uribe la semaine dernière, c’était Uribe lui-même il y a quatre ans. En 2002, seuls 24% des électeurs colombiens avaient soutenu l’allié le plus proche de Washington dans la région.
 
Malgré le fait que tous les présidents de centre-gauche en Amérique du Sud aient été élus avec un soutien significativement plus populaire qu’Uribe, aux yeux de nombreux analystes, il semble que la Colombie soit la seule à avoir une démocratie qui fonctionne. Comme le commentait Investors Business Daily après la victoire d’Uribe la semaine dernière, « la réélection d’Alvaro Uribe ne contredit pas seulement l’opinion communément admise sur le rejet par les électeurs latinos du libre marché, mais est aussi la preuve que la démocratie existe au sud de notre frontière ».
 
A ce qu’il semble, aux yeux de la droite et de l’Amérique des affaires, une élection - et par extension un pays - ne peut être considérée démocratique que lorsque c’est leur candidat qui gagne. Et dans le cas de l’Amérique du Sud, seul leur candidat de Colombie est considéré comme ayant reçu un fort mandat électoral même si la plupart des présidents de centre gauche de la région ont reçu 20% de votes de plus qu’Uribe.
 

Source : Colombia Journal (http://www.colombiajournal.org/), 2 juin 2006.
 
Traduction : Isabelle Dos Reis, pour le RISAL http://www.risal.collectifs.net/).


De Pipomantis, posté le 07.06.06 à 14:46 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Bon JP, je veux ps te vexer, mais t'es sur un blog JV, là. Donc je suis pas sur que grand monde ait le courage de lire tes posts fleuves - pour ne pas dire "pavés" - indigestes.

Aucune attaque de ma part, mais bon, je ne pense pas que ça parle à grand monde ici, ça. :/

De JP, posté le 07.06.06 à 14:47 Prévenir les modérateurs en cas d'abus

Voilà un peu toute la géopolitique qui se cacher derrière un jeu vidéo....BONNE LECTURE A TOUS!!!



De JP, posté le 07.06.06 à 14:53 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pipomantis...désolé pour ces "GROS PAVES".J'ai simplement voulu mettre en évidence que certains jeux vidéos sont loin d'être innocent et que derrière tout ça, se cache des hommes des vies..et toutes sortes d'intérets...(Pour ceux qui sont intéressés par les romans d'espionage...je pense que ces articles vont les intéresser)

De Pipomantis, posté le 07.06.06 à 14:53 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Content que tu ne l'aies pas pris mal.

Mais ça n'aurait pas été plus pratique de "juste" rediriger vers des pages ?

De JP, posté le 07.06.06 à 14:57 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Peut-être mais là moins tu as tout de regroupé...Aller pleure pas...ça te fait de la lecture GRATOS...

De seglon, posté le 05.04.07 à 09:46 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Pour chavez son coup d'état etait suite au caracazo et son mouvement c'était le MVR et non MBR de plus il n'y a eu qu'une tentative de coup d'état. en gros Dereck est très mal informé :)

De seglon, posté le 05.04.07 à 09:51 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
J'ai compris, ses connaissances proviennent de wikipedia une page parcourue en 5 minutes peut être. Je ne pense pas que ça soit suffisant pour à part pour sortir des contre verités.

De Winter Blam, posté le 05.04.07 à 10:37 Prévenir les modérateurs en cas d'abus
Et toi, tes connaissances, tu les sors de ton cul ? S'il y a une erreur tu la corriges en expliquant à ton tour de façon constructive, en joignant tes sources, au lieu d'attaquer le rédacteur comme la première bouse venue.

Ca te donnera un air presque aussi intelligent que celui que tu essayes de te donner.
T'as pas vu qu'on avait eu assez d'infos complémentaires plus haut, dans des gros pavés et des dizaines de liens ? T'apportes rien à la discussion, donc ta gueule.

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