Dans un podcast posté sur le site d'Irrational Games, Guillermo Del Toro et Ken Levine discutent de leur travail respectif, du cinéma et de l'avenir du jeu vidéo que le cinéaste considère comme le futur du genre narratif.
De tous les nerds de la planète Hollywood et ses satellites, Guillermo Del Toro a quelque chose de plus. Non pas qu'il connaisse sur le bout des doigts le cinéma, les comics, les animes japonais ou le jeu vidéo, cette érudition est une banalité partagée. Si Del Toro fait la différence, ce n'est pas non plus que par son étonnant savoir-faire, mais parce qu'il ne perd jamais de vue les sentiments. Geek bedonnant au cinéma plein et racé, le cinéaste mexicain est un romantique. Pour cette raison et plus encore, ses films donnent un peu de profondeur et d'âme là où ne résident, ailleurs, que mondes clos stériles et personnages unidimensionnels. Pour cette raison toujours, on attend très fort son premier jeu vidéo, Insane, une production THQ développée par Volition, studio à l'origine de Saints Row et Red Faction.
Dans la première partie d'une discussion avec Ken Levine d'Irrational Games (Bioshock), Del Toro revient brièvement sur ce projet, profitant de l'occasion pour surtout exposer ses vues sur le cinéma et le jeu vidéo. Sans appel, le cinéaste voit "le jeu vidéo comme le futur du genre narratif", qu'il considère plus fort que le cinéma, la télévision ou les comics (et le roman ?), malgré l'opinion des studios : "Le cinéma est fantastique. C'est un des pics de la narration humaine. Mais je suis désolé d'apporter la mauvaise nouvelle à l'industrie cinématographique, maintenant il y a le jeu vidéo." Et de continuer sur son éloge : "Les jeux vidéo auxquels on jouera en 2020 seront des putains de chefs d'oeuvre. Beaucoup de chefs d'oeuvre". Pourquoi pas aujourd'hui, on l'ignore, sans doute pour éviter de complètement se mouiller et mettre un petit coup de pied au cul d'Hollywood.
Cassant au passages quelques idées reçues sur l'imperméabilité entre jeux vidéo et cinéma (on y reviendra), Del Toro fait toutefois une distinction : "l'erreur est de penser qu'ils sont similaires". C'est en effet le problème de toutes les adaptations officielles, quand le cinéma pop du mexicain, à la croisée des médias, a très tôt compris comment les combiner pour travailler sur une forme spécifique qui synthétise et adapte ses références (pour le cinéma, le jeu vidéo, on ne peut que spéculer). Si tout n'est pas bon chez Del Toro (Hellboy et Blade 2 surpassent ses projets plus ambitieux mais un peu lourds comme L'échine du diable), et encore moins chez Volition, Insane figure évidemment sur notre wish list, pour 2013.
En espérant que d'ici là toutes les ficelles scénaristiques ne soient pas déjà exploitées pour sombrer dans de vulgaire remake comme la majeur partie des films et série est actuellement .