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Dereck in Japan ou l'Odyssée d'un geek en liberté au pays de Shigeru Miyamoto et de Ken Kutaragi. Planquez les écolières et les jeux bon marché. Dereck vient d'aterrir à Tokyo.


Dereck in Japan : Jour 20, Gemu Oba

Posté par Dereck le 23.08.07 à 17:43 | tags : gaming et sushi

Dernières spécialités à goûter, derniers lieux à visiter, dernières emplettes à effectuer. Au galop, au pas de course. Puisque c'était mon dernier jour au Japon, je vous ai préparé une petite carte postale de départ, spécialement pour vous. Parce que je vous aime tous.
Sauf les nippo-érudits et les dubitatifs bas du front qui viennnent s'essuyer les couilles sur le blog. Vous savez, les gars, si c'est le mois d'août qui vous rend con, on le fait retirer du calendrier de l'année prochaine. Ca nous épargnera à tous vos commentaires à la mord-mois-le-wasabi. Bref.

Ainsi, je suis retourné de nuit au temple Senso-Ji d'Asakusa pour vous le montrer illuminé, rougeoyant dans la nuit Tokyoïte. Les clichés seront d'ailleurs bientôt mis en ligne sur le photostream.

Je vous laisse donc sur ces dernières images, ma valise m'attend. C'est une partie de Tetris entre elle et moi qui va se jouer. Comment faire rentrer dans un bagage déjà plein à craquer un assortiment de jeux, une box Taiko no Tatsujin et un masque sculpté bien calé dans son carton ? Réponse : Je n'en sais foutrement rien.

Une nuit bien courte qui s'annonce.




Dereck in Japan : Jour 19, Les bonnes adresses du Père Dereck

Posté par Dereck le 22.08.07 à 17:05 | tags : gaming et sushi

Dans la jungle d'akiba, peuplée de maids court-vêtues et d'otakus gros-ventrus, la faune n'est qu'une diversion nous séparant de la quête du Graal sur galette. Les magasins sont très nombreux, se bouffent la laine sur le dos comme des moutons néo-zélandais défoncés au crack, et la concurrence est plus qu'agressive. Tourmentés par les rabatteurs, attirés par ces filles souriantes, on perd souvent de vue la bonne crémerie où trouver des jeux neufs ou occasion frais, à des prix tellement imbattables que ça en devient honteux.
Je vous ai donc sélectionné quelques bonnes enseignes, que vous visiterez peut-être un jour lors de votre propre voyage à Tokyo.

- Media-Land : Une bande de salopards qui n'hésitent pas à briser les dates de sortie pour écouler des jeux deux ou trois jours avant l'ultimatum. Ce qui fait que souvent peu de temps après une sortie, on trouve déjà des versions en occase. Le magasin est minuscule, sur plusieurs étages, mais son stock comprend des jeux datant d'il y a une semaine comme il y a deux ans, souvent dans un excellent état. Quand on voit les prix pratiqués chez Tsutaya et autres Aso Bit City, M-Land affiche des étiquettes de rêve, la plupart du temps 1000 à 2000 yens moins cher.

- Tokiwamusen : Plus petit qu'un string d'actrice porno, ce magasin se situe de l'autre côté de la gare d'Akihabara. Nous dirons l'ouest. On pourrait le prendre pour un bazar tout-à-dix-balles, mais il est en fait un pendant bordélique à Media-Land. Niveau occase, on trouve souvent son bonheur sur des softs à prix massacrés. On y trouve aussi du neuf à des tarifs incroyables pour une bonne raison, le proprio achète des stocks d'invendus et les remets en vente. Pas étonnant donc de croiser des jeux GB et PSX sous blister original dans les environs de 500 yens grand maxmum. N'oubliez pas qu'il est minuscule, on ne peut même pas y faire tenir une équipe de bridge.

- Trader : Un sur l'artère principale, un en retrait derrière le Club Sega et ses environs. Trader s'est fait une spécialité de l'occasion, en séparant ses rayons par console, évidemment, mais surtout en laissant la place pour des étalages entiers d'éditions collectors. Par moiments on se croirait dans un musée du geek tant les pièces peuvent titiller votre collectionnite latente. Des magasins qui donnent un méchant coup de genou dans les couilles du portefeuille, mais dont on ressort le sourire aux lèvres, comme si l'on venait d'inventer le fil à couper l'eau chaude. De plus, les échoppes sont assez grandes et sur plusieurs étages. Joie.

- Lammtarra : Clairement un magasin pour otakus où les rayons de pr0n ont la part belle. Pourtant, on y trouve des jeux très récents ou que l'on ne voit pas soldé ailleurs à des prix très intéressants. Quasiment toujours blindé pour cause de taille ridicule, Lammtarra fait à la fois office de magasin et de zoo selon vos intérêts. Ils font aussi des offres spéciales sur des séries de jeux. On trouve ainsi la saga des Langlisser dans une box improvisée, ou les derniers Shining regroupés dans un carton promotionnel. Il y a deux enseignes, celle qui nous intéresse est à côté de l'Aso Bit City.

- Gamers : Moins obscur, mais plus orienté animé que Lammtarra, Gamers a un rayon jeux assez petit qui pourtant affiche une spécialisation réjouissante dans les licences dérivées de DA japonais. Ici aussi on rouve des packs inventés et des éditions collectors avec figurine de certains jeux comme Ys. La passion a pourtant un prix et ceux de Gamers se rapprochent dangereusement des standards de Tsutaya. c'est plus le catalogue qui vous attirera entre ces murs.

N'oubliez surtout pas Super Potato, ni Games Hollywood, qui aligne les jeux importés depuis d'autres pays.

Vous voilà parés, ne vous reste qu'à consulter ce petit plan intéractif et vous pourrez dépenser l'esprit léger tout cet argent que vous avez économisé pendant des mois en pensant acheter une maison en provence. Dans le cul la maison. Mais que ne ferait-on pas pour un Metal Gear Solid 20th Anniversary encore sous blister ?







Dereck in Japan : La grande déception du réel

Posté par Dereck le 22.08.07 à 14:19 | tags : gaming et sushi

Cet endroit ne vous dit rien, mais pour moi, il est symbole d'allers-retours intempestifs, de passage secrets et de cadeaux magiques. C'est le recoin à casiers proche de la place centrale, que l'on croise souvent dans Ryu ga Gotoku / Yakuza. J'ai eu beau secouer la cahute du tabac de poche au centre, pas d'établissement de jeu clandestin caché derrière. Et pas de foutus casiers à pièces sous le porche. Donc évidemment pas de sabres, ni de boisons au ginseng dedans. Pas même un seul yakuza ou racaille en jogging pour m'agresser quand je prenais une boisson aux distributeurs. Pas de mini-quêtes à résoudre non plus dans chaque magasin.

La réalité est mal foutue. Pas étonnant que la Wii marche si bien.
Un troll ? Où ça, un troll ?




Dereck in Japan : Jour 18, Ready maid

Posté par Dereck le 21.08.07 à 18:22 | tags : gaming et sushi

Plus d'une semaine qu'elles me narguaient depuis leurs jaquettes de jeu, ou dans les rues à tendre des flyers, avec leurs petits tabliers, leurs bas, leurs dentelle blanche et leurs sourires kawai. Les maids. La french maid est au même titre au Japon, un fantasme assumé et avoué qui s'affiche partout dans les rues d'akihabara.

Aen croire les journaux et autres chroniques en lignes dédiés aux jeux vidéo, le Maid café, curiosité japonaise, est un repaire à otaku qui viennent se faire mousser dans des salons de thé tenus par des filles en cosplay de maids. On y voit une extension moderne de la soumission de la femme japonaise, d'une évolution des tabous SM par une façade publique à la limite de la maison de poupées.

Partisan du journalisme total, j'ai donc décidé aujourd'hui d'écumer plusieurs Maid Cafés et de n'en retenir qu'un, celui qui m'aura le plus marqué. J'ai ainsi trainé ma dégaine de dandy à deux balles chez Little PSX, Cure Maid et Cute M. Autant vous dire que si vous n'êtes pas habitué au service client poussé à l'extrême et aux overdoses de kawaittude, vous risquez un malaise.

Little PSX est sympa, bien installé, et le bar comporte un stand de fléchettes électroniques qui m'ont permis de me ridiculiser sans arrière pensée. L'amabilité des maids pousse le vice jusqu'à vous glisser un petit "Gambatte ne" quand vous alignez un score de merde pour la 3e fois. Le public y est essentiellement masculin, malgré une déco partagée entre girly et simili-irish pub. C'est bizarre, mais ça fonctionne.
Cure Maid est le Maid Cafe le plus renommé. De par son ancienneté, la tenue irréprochable de ses employées, mais aussi par sa carte et ses concerts classiques live organisés ponctuellement. Habillées plutôt strict, les serveuses évoluent dans un cadre sobre mais très bien décoré où l'on se sent bien installé.

D'ailleurs... alors que les heures s'écoulaient, je constatais que les otaku se faisaient étrangement rares. Alors que j'en avais remarque deux-trois paires chez Little PSX, probablement à cause des mags JV et de la console qui traine près de la télé, beaucoup moins de mâles chez Cure Maid.

Me reste mon coup de coeur, Cute M. Il n'est pas du haut niveau de Cure Maid, il n'est pas aussi cucul-cute que Little PSX, mais il avait quelque chose de spécial. Tout d'abord, les deux salles, réparties sur deux étages, regroupent deux ambiances, loundge et plus classique. La carte comporte des prix oscillant entre 500 et 1200 yens, proposant du thé glacé au plat chaud en soirée. La vaisselle est d'une propreté éclatante, les tables sont immaculées, les costumes sans faux plis. C'est presque trop propre quand on a connu les chiottes turques de Paris.

On ne s'y sent néanmoins pas esseulé. Une partie du personnel parle un peu anglais, largement de quoi vous aiguiller et vous servir, et l'on est entouré d'un public plus que diverifié. Gals qui papotent autour d'une glace, salarymen qui s'échappent du bureau, petit couple qui se prépare à sortir en soirée, une mère avec son bambin glouton.

Perdu au milieu de tous ces visages on peut parfois croiser un duo d'otaks qui mate comme si leur vie en dpendait, mais ils sont une espèce en voie d'extinction au Cute M. L'endroit est à considérer comme un salon de thé très calme où de la musique classique passe en fond sonore, où le service est rapide et parfait.
L'air n'est troublé que par les discussions des voisins et par les piaillements des serveuses que l'on entend depuis la cuisine.

J'allais presque oublier de dire que les maids ont des costumes différents, et qu'elles sont en moyenne plus jolies que leurs concurrentes des autres cafés. Une, en particulier, fait péter le cute-o-meter avec son mètre quarante cinq, sa petite voix et ses gestes mesurés.

Les féministes old school risquent peut-être de hurler à la mort en sachant que le rituel du Cute M est que les maids s'agenouillent pour prendre la commande. Surprenant, mais il faut se dire que ça fait partie du rôle.

Situé à quelques mètres de Super Potato, face au Softmap PC, il n'attend que vous pour aller y manger quelque chose qui vous sera servi avec un effort de présentation admirable. On est presque gêné d'entamer son assiette. Même moi. C'est pour dire.

Ce sont donc de bonnes surprises auxquelles j'ai été confronté en plein milieu d'Akihabara, à contrepied du consensus en vigueur. Ce sont des havres depaix dans l'agitation du quartier, où l'accueil des serveuses et le raffinement des pâtisseries fait-maison vous laissera un petit goût sucré dans la bouche jusqu'à la dernière gorgée de thé.

Avec ou sans le petit doigt en l'air, old chap.

PS: La photo-dégustation est de moi. Pour ce qui concerne les photos des lieux et des maids, il nous est aimablement demandé de ne prendre aucun cliché. Je me suis donc servi sur le blog officiel de Cute M.




Dereck in Japan : Jour 17, Ca swingue à Tokyo

Posté par Dereck le 20.08.07 à 16:24 | tags : gaming et sushi

Après une longue nuit de gaming et de spécialités culinaires, puis un réveil à 8h pour ne pas rater le Shinkansen me ramenant à Tokyo, mon lundi s'annonçait comme le vôtre. Pourri. Et je ne traverse pas la moitié du globe pour avoir le même genre de lundis de merde qu'on peut avoir à Paris. Les trois heures de train m'ont pourtant permis de réfléchir à une idée de glande salvatrice. Le golf.

Depuis que je suis arrivé, je lorgne d'un oeil lubrique le Swing Center qui se trouve à deux blocs de la gare d'Ueno. L'expérience du Batting Center ayant été concluante, je me suis donc décidé à réitérer l'expérience. Ma détermintion a quand même dû se faire épauler d'une vingtaine de yakitori. On n'est jamais trop sûr. Chacun des boxes empilés ou alignés au dessus de ce parking recouvert d'un filet vert disposait de distributeurs de boissons fraîches et de crèmes glacées. Une pratique commerciale criminelle qui s'accompagne de forfaits à l'heure.

Le salaryman qui jouxtait mon box m'a pris en pitié au bout de quelques balles ratées et m'a aidé à améliorer ma technique. Celle-ci se situe en effet entre le tabassage de mammouth et la décapitation de Mary Stuart. Grâce à lui j'ai gagné 30 points de cool.

Salaryman, le super-héros du golf. 

Et surtout, je me sens moins pitoyable que le cake moyen sur son WiiGolf.
Un troll, quel troll ?




Dereck in Japan : Jour 16, Jean Reno is my homeboy

Posté par Dereck le 19.08.07 à 16:43 | tags : gaming et sushi

Quand on visite le Japon et surtout sa petite campagne, on s'attend plus ou moins tous à de jolis paysages verdoyants, des herbes hautes caressées par le vent ondulant au rythme d'un horizon qui respire le calme. On s'attend à de riants cours d'eau qui dévalent le long de cailloux luisants, cachés par un bosquet touffu. On s'attend à découvrir une maison conjuguant passé et présent dans la même phrase architecturale, au détour d'une rangée d'arbres.

On s'attend à tout sauf à ça.

Regardez plus près. Jean Reno, le français préféré des japonais surgit par inadvertance sur une toile d'amateur. Faire partie d'une liste de sujets pour artiste naïf, au même titre qu'une repro de Klimt, ou un portrait d'acteur de drama populaire, c'est la consécration publique pour lui.

Pour ceux qui doutent, souvenez-vous d'Onimusha 3 Demon Siege, notre Jean-jean national y jouait le français de service, propulsé dans un Japon médiéval et hostile peuplé de démons grognons pour qui chaque jour est un lundi. Il y lançait même un "Crève, saloperie" ou charogne, je ne sais plus en vidant son Famas sur un squelette de samurai.
Une route pavée d'or vers la gloire.

Jean Reno est une star au Japon, même dans les trous paumés aux alentours de Kyoto.
Mange ça, Gerard Depardieu.




Dereck in Japan : Jour 15, Kyoto sa wii son oeuvre

Posté par Dereck le 18.08.07 à 17:26 | tags : gaming et sushi

Kyoto est une ville si différente de Tokyo qu'on pourrait se croire dans un autre pays, ou sur une des îles périphériques de l'archipel. Les temples se trouvent par pelletées à chaque coin de rue, ou coincés entre deux magasins, le temps de faire une prière juste avant que le petit bonhomme ne passe au vert. Kyoto a développé un contraste étonnant, tiraillée entre héritage médiéval, hauts lieux spirituels et infrastructures ultra-contemporaines.

La cité conserve à ce titre une échelle humaine, malgré ses gratte ciels et son urbanisation en grille. C'est peut-être dû à des quartiers comme Kokkiri ou Gion, leurs rues anciennes et leurs façades en lamelles de bois. C'est probablement à cause des bancs entiers de beaufs décolorés qui trimballent leurs radasses en shorty, des caricatures grotesques des pires looks de Tokyo.

Kyoto, c'est aussi la glace au Daiquiri, les spécialités locales à trois francs six sous et les statues de moines légèrement wateufeuk.

Celui que vous découvrerez en dessous tient un prototype de Wimote du 17e siècle. Il est entouré respectivement du moine qui prend le métro, du moine qui essaye d'écraser ce putain de papillon qui lui chatouille l'oeil et du moine qui collectionne les figurines.

Je vous garde le meilleur du wateufeuk pour demain...




Dereck in Japan : Jour 14, Ueno fait l'amour à l'objectif

Posté par Dereck le 17.08.07 à 18:05 | tags : gaming et sushi

Le disctrict d'Ueno, où je réside, est autrement plus beau que je ne le supposais. Son artère principale, mène vers le sud et Akiba, à quelques minutes à pied. La gare est le point de chute des gai-jins de base qui se plantent une heure devant la carte en plissant les yeux. Face à la gare se trouve Ameyoko, la rue des confiseurs, et derrière la gare se trouve le parc d'Ueno, séparé en deux espaces distincts.

La partie proche du Zoo entoure un lac recouvert de lotus, ainsi qu'un temple dans le plus pur style "photogénique et fier de l'être". L'autre partie supérieure comporte un talus célébrant la terre-mère, le moine Tenkai, les mères de familles et les Arts. Les distributeurs de boisson et les stands de grillades se logent entre deux édifices respectables comme la salle de concert moderne.

C'est un jardin aux frondaisons épaisses dans lequel les passants s'échouent au milieu des pierres chaudes pour fuir le soleil. Les visiteurs se bousculent dans les couloirs que forment l'ombre des feuillages pendant que des fous échangent les balles sur le terrain de Base-Ball.
A midi, les bancs et les espaces verts regorgent de salarymen et de lycéens venus partager un repas et des boissons fraîches.

Le brouhaha des grillons devient une mélopée insupportable pour ceux que le bruit dérange, mais il couvre néanmoins l'agitation de la ville dans un grésillement apaisant. Les corbeaux se posent à quelques pas des badauds et les dévisagent sans broncher. Personne ne réagit, ils font partie intégrante de cette forêt raisonnée.

Les allées zébrées de soleil abritent quelques groupes bravant la chaleur et l'indifférence des touristes, ces derniers cotoyant les partisans de la sieste, éparpillés dans le parc sur toute surface dépassant 10 cm².

Au bout de l'allée menant au temple, quatre petits vieux bouclent une partie de Shogi en fumant des cigarettes bon marché. Je m'assieds à quelques pas d'eux, suivant leur discussion d'une oreille distraite.

Ce soir, je suis sensé partir à Kyoto pour rejoindre le père Pixo. Mais avant de m'enfermer dans le Shinkansen, je m'accorde une sieste sous une tâche d'ombre. Un corbeau se dégourdit les ailes, assis sur la statue qui me fait face.

Je peux dormir tranquille, on veille sur moi.




Dereck in Japan : Sauna ambulatoire musical à 6 places

Posté par Dereck le 17.08.07 à 15:18 | tags : gaming et sushi

Pendant que des occidentaux comme moi suent 8 litres d'eau par mètre de terrain ensoleillé traversé, les japonais restent imperturbables. En témoigne ce sextuor fanfare/jazz dans le parc d'Ueno qui joue en tenue des ponts et chaussée, se cachant à peine à l'ombre des arbres. Le sixième larron faisait ici la quête en courant dans la foule pendant que les cinq autres jouaient quasiment sans discontinuer. Sauf peut-être pour remercier les salves d'applaudissements.

Je me demande si les gens s'arrêtaient pour leur talent ou pour leur endurance défiant le métabolisme humain, mais j'étais jaloux. Puis, le mythe s'est brisé, j'ai vu qu'ils étaient normaux. Ils avaient une demi-canette de thé glacé pour six. Quoique non. Ca reste dingue.




Dereck in Japan : Jour 13, Ikebukuro la discrète

Posté par Dereck le 16.08.07 à 17:25 | tags : gaming et sushi

Suite aux conseils avisés d’un lecteur, j’ai traîné mes guêtres dans Ikebukuro. A mon grand désespoir, le quartier est d’une laideur sans pareille, entre le supermarché de fringues sur 4 blocs et le tassement anarchique de magasins moches et mal disposés. De nuit, le quartier rayonne de ses mille néons colorés, sans pour autant parvenir à en sublimer un instant la beauté résiduelle.

Les salles d’arcade un peu molles regorgent de beaufettes décolorées qui n’ont rien à envier en vulgarité aux viandes mortes qui arpentent Shibuya. Engoncées dans un short Kylie Minogue qui leur moule la cellulite, empêchant le sang d’arriver jusqu’à leur crinière peroxydée, elles se trémoussent sur DDR avec l’énergie d’une méduse flottant entre deux eaux. La salle d’attente vers l’enfer a une sale gueule, nous irons donc ailleurs.

Malgré mes propos, d’introduction, l’endroit recèle pourtant un charme qui se révèle aux persévérants. Au cœur d’Ikebukuro résident plusieurs cimetières et un temple. C’est du pur tourisme dont je vous parle là, mais avant tout un exemple flagrant de l’alliance entre modernité et archaïsme particulière au Japon. J’ai d’ailleurs updaté le photostream avec un album dédié au quartier.

Sur le plan géométrique, les cimetières sont un régal de perspectives et de lignes folles qui occupent un espace de tombes enchevêtrées, situées à quelques mètres de maisons et immeubles modernes typiques du centre ville.

Le temple sur lequel je suis tombé est quant à lui une petite merveille de calme et de simplicité, le parangon du petit temple croisé au détour d’une allée boisée. Un édifice principal, une dépendance et une cloche, le tout dans un jardin faussement négligé où poussent des herbes folles en semi-liberté. Un ravissement végétal où les arbres se courbent jusqu’à toucher leurs voisins, leur murmurant des anecdotes de visiteurs passés.

On peut ne pas aimer les japonais, mais il est dur de ne pas aimer le Japon.




Dereck in Japan : Jour 12, I iZ 0V3rG4m!ng Ur F00dz

Posté par Dereck le 15.08.07 à 16:52 | tags : gaming et sushi

Le Japon, je vous l'ai déjà dit, est un étrange pays de contrastes qui plonge l'occidental moyen dans une perplexité profonde. Les gens font la queue pour les escalators, ils s'excusent 5 fois par phrase, font des flash news sur 3 jours quand un vélo est oublié en gare de Shinjuku. Mais le plus ahurissant, ce sont ces plats à 25€ dans un restau de la rue ste Anne que vous trouvez facilement à moitié ou à quart de prix ici. Voire moins quand vous prenez en supermarché. Mais attention, ils ne rigolent pas avec la fraîcheur. Le poisson, par exemple, est bon pour la journée, puis soldé à mort le lendemain, jeté ou recyclé en surimi.

D'ailleurs, parlons-en du surimi. alors que les japonais sont incapables de faire des saucisses correctes sans les envelopper de véritable plastique, leur surimi fait passer le notre pour un bout de pneu parfumé au nettoyeur de chiottes senteur marée morte. C'est un miracle, un ravissement pour la bouche. Le surimi a beau être de la merde, c'est la meilleure merde que vous goûterez de toute votre vie. Et ce n'est que le fond du panier. Les beignets de gambas, les brochettes de poulet, de poulpe, les sushis à la toque, le thon gras qui fond rien qu'en le regardant.
Je suis comme un fou dès que j'entre dans les rayons alimentations des magasins. J'ai même dû y regarder à deux fois quand je me suis aperçu que les blisters des poulpes ou des crabes pêchés le matin "respiraient". Plus frais que ça, il est encore dans la mer.

Vous vous doutez bien qu'un homme comme moi, dont les principaux organes sont la bite et l'estomac, est aux anges. Je virevolte de rayon en restaurant, je vole de stands en stands, m'enfilant brochette sur poulpe séché. Je ne quitterai pas ce pays sans avoir écumé toutes les spécialités. Pour le moment, j'ai déjà cumulé la totalité des sushis, sauf Fugu, et ma checklist de brochettes et de croquettes est complètes. Restent deux ou trois beignets qui ont échappé à ma vigilance, et quelques desserts zarbis que j'hésite encore à tester. Remarquez, après la salade de méduses, qu'est-ce que je risque, hum ?

Une interview. A force de rapporter 2 tonnes de vivres dans la salle comune du Ryokan où je réside et de faire ma popote avec les moyens du bord, ma passion pour la nourriture a fait le tour du quartier... ainsi, quand le Nikkei Restaurant, un journal Tokyoite, est venu voir le patron de l'établissement pour avoir de bonnes adresses dans le coin, il les a redirigé directement vers moi. Questions sur le service, l'ambiance du coin, les différences entre cuisine japonaise et européenne, l'importance des ingrédients, l'application à la présentation...

Presque une heure de discussion et 5 pages de notes, le tout complété d'une photo avec un sourire bien crispé. Ce sera pour le numéro 9 de cette année, prévu pour début septembre, et consacré aux petits restaus du nord d'Ueno. Un autre achievement de vie vient de se réaliser. Mon expertise stomacale vient d'être reconnue dans le pays fétiche de mes orgies exotiques.

Je peux encore mourir en paix.

Sinon, je suis aussi allé à Akiba, mais on s'en branle un peu.

PS: Cette fois, j'ai les clichés de l'évènement, donc STFU, les dubitatifs.




Dereck in Japan : And the winner is...

Posté par Dereck le 14.08.07 à 18:38 | tags : gaming et sushi

A force de prendre le métro pour errer dans Shinjuku, Kabukicho, Asakusa, Akihabara et autres quartiers, je croise une grande quantité de gens qui jouent sur leur console portable en attendant leur train. Mais pas n'importe quelle portable. Les photos que vous voyez ici ont été prises le matin sur un quai. je me disais "Tiens, ça game à ma gauche, et ça game aussi à ma droite" Voilà qu'à peine entré dans la rame, un troisième larron, une mère accompagnée de son marmot, égaye le silence religieux du métro par quelques blip-blips festifs. C'est une épidémie.

Que des Nintendo DS. Jusqu'à présent, je dois bien dire que j'ai vu très peu de PSP entre les mains de joueurs japonais, et ceux que j'ai croisés jouaient soit au remix de Ghouls'n Ghosts, soit à des émulateurs.

En terme de succès public, la DS se place donc largement au-dessus de la PSP, apparemment réservée aux gamers et aux fondus de bidouille. En ce qui concerne les jeux DS qui tournent le plus souvent, j'ai remarqué énormément de Brain Training, de l'English Training, quelques Dream Skincare, et autres logiciel d'entraînement casual. En terme de population, les femmes et les enfants sont ceux qui affichent le plus leur console, en arborant l'oreillette coordonnée.
Force est de constater aussi que les salarymen jouent beaucoup, si l'on exclue les heures qu'ils crament assis devant un pachinko le soir.

Les employés de Sony doivent se mordre la bite dès qu'ils prennent le métro. Ou alors ils ne font pas gaffe, absorbés qu'ils sont dans une partie de New Super Mario Bros. Sur leur DS.




Dereck in Japan : Jour 11, Akiba by Night

Posté par Dereck le 14.08.07 à 16:40 | tags : gaming et sushi

Voilà la surprise que je vous avais promis : Une promenade dans Akihabara de nuit, au moment de la fermeture des magasins. Comme ça, dans un élan d'humanisme 2.0, j'ai ouvert un compte TuTube.

Seulement 8h du soir et en même temps déjà 8h du soir. Le quartier se vide peu à peu de ses passants, pendant que les dernières échoppes font de la résistance en trainant la savate pour baisser le rideau de fer.
J'ai choisi un trottoir plutôt qu'un autre, car derrière les commerces de la rue principale, se trouvent quelques autres bonnes adresses comme Super Potato et Trader. Pour les fétichistes, il ne restait qu'une aimable jeune fille déguisée en écolière. Les maids avaient déjà déserté le quartier. Pas d'azn-grrl-pr0n pour vous, désolé.

C'est filmé caméra au poing, avec le talent d'un stagiaire de France 3 section Plus belle la vie, mais c'est filmé avec amour. Car je vous aime, même si vous êtes des cons. Surtout ceux qui pourrissent les commentaires l'été, en fait.




Dereck in Japan : Instant de clairvoyance

Posté par Dereck le 13.08.07 à 18:50 | tags : gaming et sushi

La clairvoyance est une délicate fée au rire cristallin, aux mains délicates et aux longs doigts fuselés. Dans sa grande bonté, elle daigne parfois me mettre un de ses doigts dans l’œil et me hurler dans les oreilles "Hé ducon, t’as pas remarqué comment c’était évident ? Mais putain, faut tout te dire, toi. Quel handicapé, je vous jure, tu veux pas que je te la tienne pour aller pisser, non plus, connard ?"

La clairvoyance n’est pas très polie, c’est vrai.

Dans son dernier accès de bonté, la clairvoyance m’a révélé la ressemblance frappante entre le logo de la marque BOSS, la gamme de café en canette de Suntory, et le logo de Metal Gear Solid Portable Ops sur PSP. BOSS et The Boss. Même position, même style de graphisme. Bon sang mais c’est bien sûr.

Mon œil me fait super mal, mais je suis content, je m’endormirai moins con ce soir.




Dereck in Japan : Jour 10, Batting royal

Posté par Dereck le 13.08.07 à 16:25 | tags : gaming et sushi

Le gaming, c’est nul. Vive le batting. Dans Kabukicho, l’Oslo Batting Center dans lequel on peut se défouler sur des homeruns existe vraiment. A la différence de la batting cage au rez-de-chaussée que l’on utilise dans Yakuza / Ryu ga Gotoku, elle est située au premier étage d’une salle d’arcade. C’est le même système que ces étages d’immeubles spéciaux dédiés au travail de votre swing de golf, que l’on peut trouver dans tout Tokyo.

Pour 300 Yens, un automate vous lance 20 balles dont la vitesse varie suivant le box que vous avez choisi. Vouloir tenter le box à 120Km/H quand on n’a pas tenu une batte depuis plus de 15 ans, c’est complètement débile. Je suis complètement débile. J’assume. Mon poignet gauche, moins.

Mais bon sang que c’était bon.

PS : A part risquer la pneumonie à force d’alterner les grosses suées dans les box, puis les vagues glacées du mur de clim qui vous attend dans la salle principale, rien de bien dangereux. Peut-être.




Dereck in Japan : Jour 9, L’attaque des Super-Patates

Posté par Dereck le 12.08.07 à 16:39 | tags : gaming et sushi

"Sashin o toritemoii desu ka ?" Puis-je prendre des photos ? Le décor est trop beau, les détails trop abondants pour que je ne tente pas ma chance. "Hai. Totemo" me répond-t-on avec un grand sourire.

Super Potato, c’est tout d’abord une image que vous avez pu croiser au hasard des photos que je vous ai déjà montrées. Mario et les fantômes de Pac Man en plein égotrip sur la façade d’un immeuble d’Akiba. L’autre bâtiment, situé dans une des petites rues de derrière, m’a attiré par son chant des sirènes. Le thème de Super Mario passait en boucle sur des enceintes accrochées dehors. Il n’en fallait pas plus pour que je monte les 3 premiers étages avant de pénétrer dans trois autres étages de pur bonheur retrogaming.

Super Potato, ou Supa Poteto pour les intimes et les cyber-pédants, c’est un cimetière des éléphants, minuscule par sa taille, mais énorme par la quantité de jeux et de matériel que’on peut y trouver au mètre carré. Consultez un peu la galerie dédiée que j’ai mise en ligne pour vous en rendre compte. Le 3e étage regroupe une pléthore de matériel retrogaming d’occasion, des étalages entiers de Famicoms, de manettes, de MegaDrives, de Saturns et autres PC Engine. C’est un rêve humide de geek auquel on assiste tout éveillé, les machines étant toutes en état de fonctionner, le câblage nécessaire se trouvant généralement à quelques coudées, prêt à être acheté.

Avec un peu de courage on essaye le Virtua Boy installé face au comptoir, ou on s’extasie comme un Christophe Colomb de bazar devant le tout premier Light Gun de la Famicom, du temps où il ressemblait à un vrai pistolet.

Il y a de quoi vous pousser à la banqueroute. Surtout quand une simple cartouche de Metal Gear NES sans boîte coûte dans les 10€, ou quand un Castlevania avec notice et boîte sur la même console plafonne à 25€. On trouve de tout, à tous les prix, et souvent à bas prix. De quoi compléter sa collection, ou même acquérir l’objet de ses désirs de gamer sans se tirer une balle dans le compte en banque.
Face à ces cartouches bon marché, il y a aussi des raretés, comme un jeu de Dodgeball de Technos qui coûte dans les 4200€. On peut d’ailleurs acquérir une Neo Geo pour un prix défiant toute concurrence. Pourquoi les compagnies aériennes limitent-elles le poids des bagages à 20 kilos ? Saloperie de lois de la physique.

Le 4e étage se concentre sur les produits dérivés, les Game & Watch, les consoles Table Top de Nintendo et les jeux Dreamcast, PSone et PStwo. On y trouve aussi une floppée de bandes originales de jeux que l’on ne pensait même pas sorties sur le marché. Kirby sur Gameboy a une BO sur CD. Ne riez pas.
On trouve aussi un Jeu Teddy Bear pour GB. Ne riez pas, bordel.

Dernier étage de ce temple rétro, le 5e comporte deux douzaines de bornes old school et de jeux sur carte Jammy et autres CPS1. Des curiosités, des ovnis, de vieux amis que l’on avait oubliés au détour d’une nouvelle console. La déco a été refaite façon jungle avec des feuilles d’arbres pendant de partout. Caché à 12,5% derrière un poteau, Snake attend qu’un joueur tourne la tête pour l’éliminer et lui prendre sa place sur une borne de Raiden. Il a intérêt à être plus rapide que moi.

Ca ne sert à rien de m’envoyer vos ouiche-listes.
Vous pouvez crever.




Dereck In Japan : Ich bin 2.0

Posté par Dereck le 12.08.07 à 15:48 | tags : gaming et sushi

 

Le photostream des mes tribulations asiatiques est enfin en ligne sur Flickr, dans le but de remédier aux illustrations taille Bonsai. Non, vous n’avez pas le droit de discuter mes choix d’upload. Oui, je vous emmerde.




Dereck in Japan : Jour 8, Kabukicho mon amour

Posté par Dereck le 11.08.07 à 17:19 | tags : gaming et sushi

Bien que la perspective de partir avec ma bite et mon couteau dans un quartier de Tokyo que je ne connais pas du tout me séduise, j'ai préféré faire un repérage à l'avance. Surtout que Kabukicho est connu comme le quartier des putes, des strips, des biz louches et des yakuzas errants.
Que diable allait-il faire dans cette galère ? Kabukicho est le quartier sur lequel s'est basé Yakuza / Ryu ga Gotoku et je voulais voir jusqu'où s'étendaient les ressemblances. C'est frappant, le travail de documentation est énorme et j'ai presque pu me repérer sans carte, en me souvenant de celle du jeu que j'avais arpentée des heures.

Dans la galerie dédiée, vous trouverez donc des clichés pris le matin, lorsque le quartier s'éveille sous les pas des livreurs et des premiers rabatteurs, puis des clichés de nuit, véritable visage de Kabukicho.

Je suis un peu déçu d'ailleurs... Les Yakuzas nouvelle génération ne ressemblent à rien. Ou plutôt à trop de choses à la fois. Cheveux décolorés coiffés façon J-pop idol ou héros de manga, leur tête de minet n'a d'égal que leur bronzage très sombre s'accordant avec les costumes à fines rayures qu'ils arborent. Chemise ouverte, chaussures pointues ou bottines, ils cultivent leur image à travers les bagues bling qu'ils portent sur les phalanges. La mallette en croco contenant les recettes du jour est évidemment le détail qui tue.
Seul réminiscence de la tradition, les tatouages restent quasiment invisibles, recouverts par les vestes.

Le Yakuza populo reste fidèle à une certaine marginalité par rapport à la mode de son temps. Sauf que vu la mode japonaise actuelle, on tombe dans le numéro de cirque.

Il est loin le temps des costards sobres et des grosses gourmettes, des torses velus, des cheveux gominés et des lunettes de soleil façon Top Gun. Les 80's sont définitivement mortes, même au sein de la pègre locale.

En revanche, niveau musique, le free jazz connait un revival en force à chaque coin de rue, pour ma plus grande joie.




Dereck in Japan : Jour 7, Appelez-moi ''Monsieur Dereck''

Posté par Dereck le 10.08.07 à 17:45 | tags : gaming et sushi

Après ces quelques jours à flâner de découverte en découverte, j'étais enfin prêt à pénétrer dans le Taito Amusement et à me lancer à corps perdu dans les Rythm Games. J'étais venu pour la borne toute neuve de DDR du 4e étage.

Elle était presque à côté de l'escalator, dernière d'une file où se trouvaient déjà un Guitar Freaks, un DrumMania et un BeatMania. Le combo Bemani dans sa grande splendeur. Les rutilantes bornes V3 accompagnaient donc celle d'un DDR Supernova encore luisante. Le jeu pourtant ne date pas d'hier, mais on m'a expliqué en japoglais que la borne d'avant avait rendu l'âme.
Il suffisait de voir les grands malades qui torchaient des sessions de GF/DrumMania en aveugle pour comprendre que le niveau touchait des sommets. Des poulpes gamers vivaient ici.

A mon tour d'attendre, donc. Je me positionnais dans la file attentive qui patientait derrière la borne de DDR et je laissais s'écouler les minutes en regardant bien autour de moi. Sur la borne, des scorers de haute volée bouclaient des songs en 9-pieds, sans se préoccuper de l'écran. Comme des fonctionnaires du point. Un manque flagrant de passion dans le geste, mais une concentration exemplaire. Des tueurs. Je reconnaissais certains visages croisés dimanche dernier et nous échangeons un petit signe de tête entendu.

Puis vient mon tour. Le son des hauts parleurs me saute au visage. Leur installation phonique, une fois sur la borne, nous place dans une sorte de cage beuglante qui nous isole des autres. Rien à voir avec les HP crachotants d'origine.
Les débuts sont difficiles, cela fait des mois, des années que je n'ai pas posé le pied sur une borne. La playlist est laide, je me contente de m'échauffer sur des compos à pleurer de nullité. Bravo l'artiste, j'ai les yeux plus gros que mes steps et je foire lamentablement sur une pauvre 6-pieds toute fraîche.

Parce qu'il faut vous dire. Je ne suis pas un scorer mais un styler. Le genre de types qui ne recherchent pas les combos ou le gros chiffre, mais plutôt à exécuter une chanson de la façon la plus épatante qui soit. Un gros connard de flambeur, si vous préférez.
Il était une époque, je jouais beaucoup, et beaucoup trop, mais j'avais atteint un niveau respectable à l'échelle nationale. Champion ou vice-champion. Ca dépend de la mauvaise foi employée.

Quoiqu'il en soit, à peine descendais-je de mon petit podium chromé qu'un des joueurs de la file d'attente m'adresse un signe de la main. Il me fait comprendre en langage des signes pour gaijin redoublant qu'il voulait un duel. Je lance des regards interrogateurs à ses camarades qui se contentent de hocher la tête. Ainsi soit-il.
Rouillé et sous-entraîné, catapulté sur une playlist que je ne connaissais pas et qui ne m'enchantait pas, j'étais foutu d'avance. Mais que ne ferait-on pas pour l'amour du sport.

C'est là que malgré lui, mon concurrent me révèle comment accéder au mode "All songs" qui regroupe des pistes remontant jusqu'au 3e et 4e mix. Ma grande époque, si du moins, j'en ai eu une.Il se lance donc dans sa démonstration. Vif, agile, déterminé, il ne laisse rien passer, ses déplacements sont fuides et ses pas précis. Mais il lui manque de l'audace. Sa technique est impeccable, il accumule les mouvements de brek bien choisis, mais il ne couvre pas tout le spectre des possibilités.

A regarder, j'ai oubli d'aller boire. Trop tard, c'est déjà à moi. Je me rue directement sur le mode "All songs", mon menu est déjà fait. B4U, Drop the Bomb, Groove, et Midnight Blaze. Gros BPM, grosses basses, de quoi réveiller le mort sur le tapis.
Les routines reviennent instantanément, les mouvements s'enchaînent les uns derrière les autres. Là où mon opposant se contentait de pivoter, je bascule. Là où il glissait la savate, je ploie genou en terre, je saute de main en main. La borne tremble sous le coup de mes ardeurs et les yeux s'écarquillent légèrement.

Le bilan n'est pas en ma faveur, pourtant. Face à ses trois A et un seul B, mes deux A et deux B font peine à voir. Toutefois, ayant choisi des chansons avec plus de steps, je le dépasse de 20.000pts environ. Quelle bêtise de ne pas avoir bu. Entre chaque chanson, je devais reprendre mon souffle, avaler ma salive. Je peine à me relever, après un final tout en rotules.

Les yeux se sont teints à nouveau. Mon adversaire jauge ses amis, en quête de leur approbation. L'un d'eux pince les lèvres et lui tape sur l'épaule, façon "C'est pas grave, mon vieux, t'en auras d'autres" et ils m'applaudissent timidement. Peut-être surpris, probablement gênés.
Lui secoue la tête et s'en va, entrainant les autres dans son sillage.

Ils me laissent là, seul, avec mes genoux en plastique. Pendant des années, je m'étais dit que je bouclerais la boucle en battant un japonais sur son propre terrain, au seul jeu que je pensais maîtriser. Maintenant que c'est fait, par la force des choses, je ne sais plus trop quoi penser.

En fait si.
Je me demande combien coûte une séance de Kiné au Japon.

PS: Les employés m'ont collé comme des espions russes toute la journée, je n'ai pas pu prendre de photos. Salauds.




Dereck in Japan : Pourquoi les japonais sont si forts en gaming

Posté par Dereck le 09.08.07 à 16:56 | tags : gaming et sushi

Pas forcément la réponse ultime que vous attendiez, mais un indice qui en dit long. Il suffit de regarder la détermination de leurs pigeons.

"Non mais, tu vois, les graines pour moi c'est fini. J'ai fait une thérapie, je suis clean maintenant. Terminé les conneries. Je replongerai pas pour une poignée de tournesols, t'entends ?" Les rats volants de Paris sont loin d'avoir cette volonté d'acier.

Vous savez à présent pourquoi les japonais font des super-plays qui réclament les réflexes d'une créature génétiquement modifiée, pourquoi ils sont capables de finir des Manic Shooters, pourquoi on crée des jeux comme Disgaea où les donjons sont en nombre illimité, avec des ennemis dépassant le niveau 1000.

C'est aussi un pays ou des indés font Cave Story, des jeux homebrew pour le Virtua Boy, et où les otaku overgament des jeux de boule. Peut-être aussi que leur vision du JV, dépassant notre conception infantilisée et simpliste de ce dernier, le place au rang de véritable loisir à dimensions multiples, où la décontraction et l'excellence obsessionnelle peuvent cohabiter.

La meilleure preuve, c'est cet enfant que je vous ai montré en photo l'autre jour au Club Sega. Cigarette à la main, une demi-douzaine de gamers semi-douteux à côté de moi l'observaient les bras croisés en hochant de la tête. Loisir, discipline, spectacle.Dans un pays où l'Art et l'Artisanat ne sont pas séparés comme chez nous, où des artistes peuvent être reconnus "trésor national vivant", il semblerait que le JV enjambe des frontières que nous nous obstinons à maintenir de notre côté. Nous mettrons ça sur le compte de la différence culturelle.

Paradoxalement, quand on y pense, le mode le plus dur de Metal Gear Solid 2&3 s'appelle European Extreme. Va comprendre, Charles-San.




Dereck in Japan : Jour 5, Retour à Akiba

Posté par Dereck le 08.08.07 à 18:11 | tags : gaming et sushi

Je vous avais promis plus de photos, les voilà. Je vous laisse en compagnie des clichés, sachant que je vais essayer de vous en montrer plus d’ici la semaine prochaine...

D’ici là, je vais établir une galerie Flickr pour que vous puissiez regarder les photos en meilleure résolutions que pasgrandchose x quedalle. C’est la maison qui régale.

En dehors de ça, le gène slovaque ne me favorise pas par cette chaleur. Je perds 4 kilos en sueur par heure et la moitié de mon budget bouffe passe en canettes de boisson. Le bon côté d’être celui qui prend les photos, c’est que ça vous épargne de voir ma tronche d’écrevisse cramée au 3e degré. L’indice 40, c’était pas assez.

Il fait assez chaud pour que les magasins d’électronique remplacent les PC et iPods par des ventilateurs. Certains d'entre vous se souviendront peut-être de ces jours d’hiver où les radiateurs tournaient à fond parce qu’on avait oublié de fermer une fenêtre. "Et bah alors, tu chauffes la cour ?"
Ici, on refroidit la rue. C’est le même concept de gâchis.

Je tuerais pour une autre bière fraîche. D’ailleurs, vous ne voudriez pas savoir comment j’ai obtenu celle que je suis en train de finir.




Dereck in Japan : Jour 3, salle d’arcade m’a tuer

Posté par Dereck le 06.08.07 à 15:42 | tags : gaming et sushi

Je vais vous la faire courte. Mon premier contact avec le Club Sega d'Akihabara m'a tout niqué.
Ce Club Sega, un parmi tous ceux de la chaîne, sépare ses bornes par étage, en faisant en sorte de mettre toutes les bornes de Virtua Fighter 5 au sous-sol, toutes reliées entre elles via le VF terminal. Les bornes Lindbergh côtoient de vieilles Naomi, mais une chose est sure, tout est extrêmement bien entretenu.

Les sièges sont nickels, les cendriers vidés en permanence et les distributeurs de boissons se glissent à côté des distributeurs de plats préparés.
On vous encourage à rester ici des heures. C'est criminel.

J'ai profité de l'ouverture pour faire mes photos, strictement interdites dans l'enceinte de l'établissement. Quand le chat n'est pas là, Dereck claque ses économies fait son job.

Le rez-de-chaussée est dédié aux UFO catchers, ces foutues machines bouffe-jetons où l'on enfile des pièces dans l'espoir d'attraper une peluche débile. D'ailleurs, Daisy, si tu me lis, sache que je te l'ai gagnée, ta peluche Hello Kitty et même ta saloperie de Badtz-Maru. Oui, lectorat, j'overgame ce genre de choses. Je suis irrécupérable.

Aux étages supérieurs sont placées les bornes de simulateurs et de shoot, tandis qu'un étage entier est dédié aux jeux de "techniciens". Tous les Guilty Gears, les SF3 3rd Strike, Super SF2 Turbo et autres King Of Fighters sont entassés ici.
A l'étage tout en haut est installée une LAN de World Championship, un jeu de foot sujet à des paris d'argent non-officiels. Personne ne joue, mais une dizaine de quidams viennent fumer leurs cigarettes et enfiler des bières en rigolant.
Il y a des gens pour qui le lundi est moins pourri que chez nous.

Depuis que je suis arrivé, la borne de Taiko No Tatsujin me fait de l'œil. Elle réclame mon contact bestial et mon sens du rythme presque inné. Je change un peu de monnaie, le déluge de coups peut commencer.

C'est beau, c'est énorme, c'est Taiko No Tatsujin en arcade et ça vaut tous les défouloirs du monde. Alors que je me contente des batons gainés de caoutchouc fournis avec la borne, certains spécialistes viennent avec leurs propres bâtons de tambour traditionnel. Ces gens-là ont 6 bras, mais ils le cachent bien. Ils ne jouent qu'en niveau de difficulté extrême et observent les autres en silence.

En me voyant me débrouiller assez bien en mode hard, on me propose un double. C'est une faveur que je m'empresse d'honorer. La différence de niveau est énorme, mais pour un gars qui n'a jamais essayé Taiko que sur manette, je ne suis pas si ridicule que ça.
La partie finie, nous échangeons mon partenaire et moi des sourires entendus, en levant l'un vers l'autre nos canettes de boissons. Puis il disparaît dans la foule, ses bâtons accrochés sur le côté de son sac à dos.
Derrière moi, un employé répare les soudures d'une borne pendant qu'un enfant de 8 ans humilie pour la douzième fois consécutive un inconnu sûr de lui, venu le défier.

Aucun doute possible, je suis bel et bien en plein enfer du gaming. Ou le paradis. J'ai encore du mal à me décider. C'est probablement à cause du sang qui coule de ma main. Je crois que j'ai trouvé le moyen de m'arracher la peau en jouant à Taiko. Quel con.

Demain, je ferai le Taito Amusement Park sur le trottoir d'en face.
On m'a dit qu'il y avait un DDR tout neuf là-bas.




Dereck in Japan : Jour 2, Akihabara pour les nuls

Posté par Dereck le 05.08.07 à 16:50 | tags : gaming et sushi

Je vous avais parlé d’une claque. C’est en fait une mandale assénée par un sumo en kimono rose à fleurs de cerisier, pendant que d’une autre main, il tient une DS Lite coordonnée. Tokyo est fou.

Nous sommes dimanche et pourtant, dès 9h, les rues se blindent de gamers et d’otakus qui n’attendent que l’ouverture des magasins à 10h. Sans compter les établissements de Pachinko – flipper japonais vertical doté de prix zarbis – dont les entrées se noircissent de monde au fur et à mesure des minutes.

Les échoppes lèvent les rideaux de fer et les foules s’engouffrent. Ou presque. La plupart sont simplement venus ici pour discuter et se montrer leurs dernières acquisitions. Sous 40° en plein soleil, ils suent comme des fontaines en exhibant leurs figurines et leurs jeux super-rares-hors-de-prix-introuvables. Je vois passer des exemplaires de jeux obscurs qui déclenchent des soupirs d’admiration béats.

Vers midi, les rues ferment pour donner l’accès complet aux piétons. Imaginez un instant que l’on bloque la circulation dans Times Square. C’est ce qui arrive ici et dans certains autres quartiers de Tokyo. Mais dans Akiba, l’avenue Chuo-Dori est tellement large qu’on a l’impression que ce sont les champs Elysées qu'on a fermés.
C’est vraiment impressionnant. La foule devient de plus en plus dense et les distributeurs de boissons fraîches disséminés tous les 20m sont un don du ciel. Le demi-litre de Pepsi à 75cts d’euro, c’est Yes. Ca ou une grande bière bien froide. Je suis debout comme un con en plein milieu de l’avenue, mon Asahi à la main et je contemple les trottoirs autour de moi.

Devant les magasins, des rabatteurs vous encouragent à entrer, pendant que des maids dotées d’oreilles de chat vous distribuent des tracts colorés. La concurrence est rude, tacite mais respectée. Le hard discount sur le matériel est hallucinant. On trouve facilement des DS Lite à 80€, des jeux d’occasion à des prix plancher. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, peu de magasins ornent leurs sachets de leur nom, ces derniers sont opaques, comme pour préserver le secret de votre gaming intime. Les rayons jeux de cul sont d’ailleurs juste à côté des cartouches DS. Bizarre et tout à fait normal à la fois.

Ma journée s’est résumée à un repérage de toutes les rues et magasins du quartier, ce qui n’est pas rien en soi. D’aujourd’hui je ne retiens que le gigantisme d’un marché vidéoludique où la valse des prix n’a d’égale en démesure que les techniques commerciales employées.

Avant de partir, je tombe sur un des nombreux groupes amateurs du coin. Une fille habillée en maid-écolière-idol couine la chansonnette en compagnie de son petit ami guitariste. L’ampli sature à fond et le playback couvre presque sa voix, mais la foule s’en branle complètement.
Tout le monde tape dans ses mains avec le sourire aux lèvres.

Un sake glacé en main, je rentre à la pension, en me remémorant ma checklist.
Demain, passage obligé par les salles d’arcade d’Akihabara, lieu de résidence des démons du gaming, ceux qui vous plient d’une main en faisant la sieste.

PS: Les piles de l'appareil m'ont laché par surprise. J'améliorerai l'icono du billet dès que j'aurai de meilleurs clichés.




Dereck in Japan : Jour 1, Le gaming est dans l’air

Posté par Dereck le 04.08.07 à 20:39 | tags : gaming et sushi

Pour un premier jour, je n'ai pas vu grand-chose du Japon. Je me suis contenté de prendre l'avion, de leecher la chaîne de VOD, et de me forcer à dormir. Avec une voisine de siège atteinte de TOC et capable de geindre à propos de la qualité de l'air, ou de nettoyer la fenêtre avec une putain de lingette parfumée au vomi de bébé, ma patience n'a pu tenir que grâce à un flot massif de films japonais étranges, et de gaming occasionnel.

Après un film à la gloire de la nourriture et du barbecue coréen, le Yakiniku, avec Ryuhei Matsuda en tête d'affiche, j'ai maintenu mon calme avec TETRIS. C'est la panacée, la solution aux maux du monde, aux envies de meurtres en plein air. Aux serpents dans l'avion.
La petite télécommande-manette n'avait rien d'ergonomique, mais j'avoue que le pouvoir du Tetris a fait son œuvre. C'est même international. Mon autre voisine, une jolie italienne au parfum de Monoï, s'y est mis après m'avoir vu enchainer partie sur partie. Tetris, c'est l'esperanto du gaming.

Une fois arrivé à l'aéroport de Narita, navette, train vers Tokyo-Ueno où se trouve ma pension de famille. J'avais négligé le bordel qui caractérise les adresses dans Tokyo. Par exemple, Shibuya 2-4-12, signifie que dans le 2e arrondissement de Shibuya, sur la 4e parcelle, il faut trouver la 12e maison construite ici. Une demi-heure à tourner en rond sous un soleil de plomb et 40° sans un poil d'air.

Puis enfin la destination après plusieurs indications de passants aimables, un personnel souriant et compréhensif, une douche et au dodo.

Oui, parce que j'étais crevé.
Demain dimanche, promis, je vais prendre mes repères dans Akihabara.




Dereck in Japan : Chroniques d’un geek d’exportation

Posté par Dereck le 04.08.07 à 18:19 | tags : gaming et sushi

Lectorat. Je vais réaliser pour la plupart d'entre toi formulation de merde le rêve de toute une vie. Aller au Japon

Je vais ainsi arpenter pendant une vingtaine de jours les rues de la ville électrique et fouiner dans les quartiers d'Akihabara, le quartier du gaming et du gadget high-high-tech. N'insistez pas pour que je fasse vos courses, ma liste est déjà trop longue. Vous connaissez surement l'histoire de l'homme qui partit avec une valise et qui revint avec un container pour super tanker. 

Je vais m'efforcer, au jour le jour, de vous poster une image, une anecdote gaming au fur et à mesure de mes rencontres. On m'a dit que le Japon était encore plus étrange en vrai, que tout ce que nous pouvions entrevoir à travers les livres et les films.

Je pense que je vais me manger une claque. Je pense que mon banquier va encore vouloir ma peau. Je pense déjà beaucoup trop.
Au pire, je vous enverrai mes frais de dentiste et un RIB.






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